La Guinée brûle

Les attaques de rebelles se multiplient depuis une semaine aux frontières de la Guinée et du Libéria, provoquant des mouvements de populations. Car ces offensives touchent de plus en plus violemment les civils.

L’insécurité dans le sud est de la Guinée fait fuir les populations d’une façon indescriptible. C’est le cri que poussent aujourd’hui plusieurs associations humanitaires. Le phénomène, qui prend de l’ampleur depuis plusieurs mois, a atteint son point culminant ces derniers jours. En effet, depuis septembre dernier les incursions meurtrières des rebelles dans les villes frontalières de Guinée et du Libéria s’intensifient, et auraient déjà fait plus de 700 morts selon les autorités guinéennes.

Dimanche dernier, la ville de Kissidougou a été attaquée, trois jours après les combats meurtriers qui ont opposés les soldats guinéens et leurs assaillants dans la ville frontalière de Guéckékou. Cette dernière a été brûlée et saccagée.  » Dans leur furie aveugle, les assaillants ont causé d’important dégâts matériels et semé la désolation dans les rangs de la population. Ils ont brûlé des stations d’essence et des boutiques dans le grand marché « , rapporte le quotidien national guinéen, Horoya.

Trouver un responsable

Les agresseurs ont massacré les citoyens en train de prier à la mosquée de la préfecture, et la plupart des commerçants ont été victimes des pillages survenus après les combats. Le bilan officiel fait état de 86 morts dans la ville. Fuyant ces attaques sporadiques et meurtrières, la population civile s’est dirigée en masse vers le Foutah et la Haute Guinée.

Quant au gouvernement guinéen, il accuse inlassablement le Libéria. Depuis le début des attaques, il accuse également les rebelles sierra-léonais du Front révolutionnaire uni (RUF), le Burkina Faso, ainsi que d’anciens militaires guinéens mutins accusés d’avoir entrepris de détabiliser la Guinée. En attendant de trouver un responsable, les civils font les frais des tueries.