La Guinée aux prises avec une grave pénurie de carburant

L’essence est devenue introuvable en Guinée. Les premiers signes de la pénurie sont apparus dans la nuit du mercredi au jeudi dernier. De longues files de véhicules étaient massées dans les différentes stations d’essence hier à Conakry. La crise ne semble pas prête d’être jugulée.

Notre correspondant en Guinée

En faisant un tour à travers Conakry, l’on se rend compte que toutes les stations d’essence ou presque sont fermées. Et celles qui sont ouvertes ne disposent que du gazole. Les répercussions de cette pénurie ne se sont pas faites attendre. Les rues de Conakry, d’ordinaire toujours embouteillées, sont quasiment fluides. Les taxis circulent moins en ce jour du vendredi 18 décembre. Du coup, les déplacements sont devenus un casse-tête chinois.

Sur le marché noir, c’est le printemps des recettes. Le litre d’essence s’arrache à 7000, 8000 francs guinéens contre 4500 francs guinéens, le prix officiel à la pompe.
Pour expliquer les causes de la pénurie, de sources proches du ministère du Commerce, on parle du retard du navire chargé de la livraison du carburant. Les mêmes sources précisent que, sous peu, ledit navire va accoster au large de Conakry.

Mais dans les rues de Conakry, la rumeur d’une éventuelle augmentation a été largement répandue. Or, les conditions de vie étaient déjà très difficiles, le prix des produits de première nécessite ayant augmenté ces derniers mois. La question que beaucoup de Guinéens se posent aujourd’hui est de savoir combien de temps durera cette crise du carburant. Cette dernière intervient au moment où le pays traverse une autre crise, politique, suite à la tentative d’assassinat du leader de la junte guinéenne, Moussa Dadis Camara, qui suit depuis le 4 décembre des soins intensifs au Maroc.