La guerre des machettes endeuille l’université d’Abidjan

La  » guerre des machettes « , qui oppose depuis un an deux branches rivales de la Fédération estudiantine de Côte d’Ivoire, a fait un mort et plusieurs blessés cette semaine. Le gouvernement a décidé de fermer les cités universitaires jusqu’à nouvel ordre.

 » L’université de Cocody n’est plus le temple du savoir, mais l’arène de la guerre des machettes « , clame le journal Ivoir’Soir. Depuis le début de la semaine dernière, l’université de ce quartier chic d’Abidjan est secouée par de violents affrontements entre étudiants.

Devant cette flambée de violence, le gouvernement ivoirien a pris ses dispositions. A partir de samedi, les forces de l’ordre vont se déployer sur les campus, des sanctions disciplinaires seront prises à l’encontre des fauteurs de trouble et les cités universitaires seront fermées jusqu’à nouvel ordre.

De fait, la plupart des étudiants ont, dès jeudi, déserté les cités. Un journaliste local rapporte qu’il a vu plusieurs vagues d’étudiants, traînant des matelas, des tables et autres mobiliers, en train de chercher des voitures pour retourner dans leur famille.

Depuis le 16 mars dernier, des troubles ont émaillé la vie universitaire ivoirienne,  » culminant depuis début avril par des défilés spectaculaires d’étudiants parfois en cagoules et armés de haches, de machettes, de chaînes et de gourdins « , déclare la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme (Lidho).

Bandes rivales

Résultat : mercredi, les affrontements ont fait plusieurs blessés graves et un mort, Koné Jonas. Ce qui porte à six le nombre des victimes enregistrées depuis le début de la  » guerre des machettes « , déclenchée il y a un an par des étudiants issus de deux branches rivales de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci).

Les deux tendances, qui se battent pour le contrôle des campus, ont récemment investi chacune un secrétaire général, Jean-Yves Dibopieu pour l’une et Paul Gueï pour l’autre. Depuis lors, les partisans des deux secrétaires généraux rivaux s’affrontent dans le sang.

Le gouvernement se propose d’organiser une rencontre entre les différentes tendances  » fescistes  » et plusieurs organisations de la société civile, en vue d’une réconciliation.