La guerre de l’eau n’aura pas lieu

Le président sénégalais a renoncé à un vaste plan d’irrigation à partir du fleuve Sénégal, frontière naturelle avec la Mauritanie. Ce projet avait provoqué un tollé à Nouakchott, craignant que sa mise en place ne prive le pays de sa principale source d’eau.

 » A aucun moment donné notre gouvernement n’a parlé de Vallée des fossiles. » C’est par cette déclaration que le président Wade en visite à Nouakchott, a mis fin, dimanche, à un mois de crise entre son pays et la Mauritanie.

Du projet de  » revitalisation des Vallées des fossiles « , un vaste plan d’irrigation des terres sénégalaises à partir du fleuve Sénégal qui sert de frontière entre les deux pays, il ne reste donc plus rien.

100 000 Sénégalais expulsables

Le gouvernement mauritanien avait fait monter la pression le 9 juin dernier en donnant quinze jours aux quelques 100 000 Sénégalais résidant sur son sol pour quitter le pays. Nouakchott avait accusé les autorités sénégalaises de relancer un projet auquel le gouvernement mauritanien est ouvertement hostile. Celui-ci estime, et son président Ould Taya en tête, qu’il provoquerait l’assèchement des terres situées sur son territoire.

Le coup de colère des autorités mauritaniennes a été pris au sérieux, au point de provoquer, durant tout ce mois de juin, un intense ballet diplomatique entre les deux capitales, Rabat se posant en arbitre de la crise.

Outre un heureux dénouement de la crise, celui-ci a débouché sur un projet commun de route Casablanca-Nouakchott-Dakar.

Reculade ou  » malentendu « , comme l’affirme le premier homme du Sénégal ? Difficile de se prononcer. A entendre les déclarations de Wade, l’hostilité des Mauritaniens n’aurait que peu de rapport avec sa décision finale :  » Le projet de revitalisation des vallées fossiles sera supprimé car il ne correspond pas à notre programme de développement du réseau hydrologique «  a-t-il affirmé dans un point de presse, au côté de son homologue Maaouya Ould Sid’Hamed Taya.

Si tel était le cas ce brusque regain de tension apparaîtrait bel et bien comme une tempête dans un verre d’eau.