La grande distribution attendue au rayon de la diversité

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Ils sont fans d’halal et raffolent de produits cosmétiques. Voici quelques unes des principales conclusions d’une étude récente de Solis Conseil sur les habitudes de consommation des populations originaires du Maghreb, d’Afrique sub-saharienne, des départements d’Outre-mer (DOM) résidant en Ile-de-France. Décryptage.

L’importance du marché halal en Ile-de-France vient d’être confirmée par la dernière étude du cabinet Solis sur les habitudes de consommation des populations originaires du Maghreb, d’Afrique sub-saharienne, des départements d’Outre-mer (DOM). Sur l’ensemble du territoire français, ce marché qui croit régulièrement, est estimé à 4 milliards d’euros en 2009, selon Abbas Bendali, directeur de Solis Conseil. « Les boucheries halal ne sont pas uniquement fréquentées par des gens de culture musulmane. La clientèle est aussi attirée par des motifs économiques : elles sont beaucoup moins chères ». D’après Solis Conseil, 93,6% de la population d’origine maghrébine et 55% de celle originaire d’Afrique sub-saharienne, vivant en Ile-de-France, achètent des produits halals. La ménagère de moins de 50 ans d’origine africaine serait également très heureuse de retrouver dans les enseignes de distribution classiques des plats cuisinés halal.

« Le fait halal » est l’un des points saillants de l’enquête réalisée en Ile-de France sur les personnes originaires du Maghreb, d’Afrique sub-saharienne et des DOM, par au moins l’un de leurs parents. C’est le cas d’un Francilien majeur sur cinq. Solis Conseil s’est intéressé à d’autres aspects de leur consommation dans «cette étude à 360°» : téléphonie, services financiers et produit cosmétiques. L’enquête a également mesuré leur exposition aux principaux médias grand public et communautaires.

Le marché halal en plein boom en Ile-de-France

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En matière de cosmétiques – soins de la peau et du cheveu -, les besoins sont beaucoup plus marqués au sein des populations originaires d’Afrique sub-saharienne et des DOM. Le panier moyen par acheteur et par mois est de 33 euros. Le transfert d’argent et la téléphonie sont également des pôles de consommation importants pour 20% des habitants d’Ile-de-France : 54,9% de la population originaire d’Afrique du Nord et 66,9% de celle originaire de l’Afrique sub-saharienne envoient de l’argent dans leur patrie d’origine via des circuits formels ou informels. Toujours sur le plan financier, La Poste est l’établissement bancaire préféré de ces populations : « 1/3 des personnes sondées y a un compte », précise Abbas Bendali. « Ce résultat tient certainement à la taille de l’établissement, à l’envergure de son maillage sur le territoire. Son offre doit contenir des services plus adaptés à ces populations ». Ces dernières sont également des accros du téléphone : 45% d’entre elles appellent leurs pays ou leur région d’origine au moins une fois par semaine. Les opérateurs traditionnels n’arrivant pas à répondre à leurs attentes dans ce domaine, elles se tournent surtout vers les cartes prépayées et les taxiphones.

Côté médias, les télévisions et les radios communautaires rassemblent plus de 50% de ces Franciliens. Pour ce qui est d’Internet, ils sont 20%, 29,9% et 52, 6% originaires respectivement du Maghreb, de l’Afrique sub-saharienne et des DOM à surfer régulièrement sur des portails dédiés. « Le taux d’équipement semble déterminant dans les habitudes Internet, note le patron de Solis Conseil. De cette enquête inédite, un enseignement majeur ressort. « Ces populations ont envie de trouver leurs produits, leurs services dans les mêmes circuits de distribution que tout le monde, dans les mêmes enseignes de la grande distribution », conclut Abbas Bendali. En d’autres termes : des consommateurs aux besoins spécifiques qui aspirent à la banalisation.

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