La France et l’Algérie choquées après le saccage de la sculpture d’Abdelkader


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Stèle d'Abdelkader
Stèle d'Abdelkader

La sculpture qui représente l’émir algérien Abdelkader ibn Mahieddine a été vandalisée, ce samedi, avant même son inauguration. Acte qui a choqué l’Algérie comme la France.

Qui a vandalisé la sculpture du héros national algérien l’émir Abdelkader ibn Mahieddine ? L’enquête ouverte, ce jour, en France, permettra sans doute d’en savoir plus sur le ou les auteurs de cet acte de vandalisme de même que leurs motivations. Découpé dans une feuille d’acier rouillé, l’inauguration de la stèle a toutefois été maintenue ce samedi 5 février, à Amboise en Indre-et-Loire, en France.

L’œuvre signée de l’artiste tourangeau Michel Audiard, conçue en hommage à l’émir et intitulée « Passage Abdelkader », a été largement dégradée dans la partie basse. Grégoire Dulin, procureur de la République de Tours, a, selon l’AFP, annoncé l’ouverture d’une enquête pour « dégradation grave de bien destiné à l’utilité publique et appartenant à une personne publique », précisant que « l’enquête a été confiée à la brigade de recherches d’Amboise ».

Lire aussi le portrait de l’émir Abdelkader

Pour sa part, le maire d’Amboise, Thierry Boutard, n’a pas caché son indignation. « J’ai eu honte qu’on traite une œuvre d’art et un artiste de cette sorte. Le deuxième sentiment est bien sûr l’indignation. C’est une journée de concorde qui doit rassembler et un tel comportement est inqualifiable », a-t-il déploré au micro de l’AFP. « Cela a été fait à la disqueuse, ce ne sont pas des enfants, c’est dommage et en même temps ce n’est pas surprenant avec le discours de haine », déplore une Franco-Algérienne du nom de Ouassila Soum.

A noter que cette œuvre pour les 60 ans de l’indépendance de l’Algérie avait été proposée par l’historien Benjamin Stora. Dans son rapport sur les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie, remis au Président français, Emmanuel Macron, au mois de janvier 2021, l’historien a demandé à ce qu’un hommage soit rendu à celui qui est considéré comme un symbole de tolérance.

Surnommé « le meilleur ennemi de la France », Abdelkader aura certes combattu la présence coloniale française en Algérie, mais s’est plus illustré en 1860, lorsqu’il défendait les chrétiens de Syrie, alors persécutés. D’ailleurs, il a eu la reconnaissance de la République française qui l’a élevé au rang de Grande Croix de la Légion d’honneur.

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