La France cible d’Al-Qaïda en Mauritanie ?

Un jeune kamikaze mauritanien s’est fait exploser, samedi, devant l’ambassade de France à Nouakchott, blessant trois personnes dont deux gendarmes français affectés à la sécurité du site. Paris attribue cet attentat à son soutien au président Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, qui a décidé d’en découdre avec les réseaux terroristes qui opèrent sur son territoire.

Pour Paris, l’attentat suicide de samedi soir à proximité de l’ambassade française à Nouakchott est lié a son soutien au président Aziz, qui s’est engagé à combattre le terrorisme.
Samedi vers 19 heures (21 heures à Paris), un jeune Kamikaze mauritanien s’est tué en actionnant sa ceinture explosive. Deux gendarmes mobiles français de l’ambassade, qui rentraient dans l’immeuble en courant après une séance de sport, ont été légèrement blessés, ainsi qu’un Mauritanien qui se trouvait au volant de sa voiture.

L’attentat n’a pour l’heure pas encore été revendiqué. Mais il serait lié au discours du président Mohamed Ould Abdel Aziz qui, mercredi lors de son investiture, avait déclaré qu’il combattrait sans ménagement les réseaux terroristes. Une position que soutient la France, qui s’était fait représenter à cette investiture par son Secrétaire d’Etat à la coopération, Alain Joyandet. « Évidemment, la France s’est réjouie de cette position, donc dire que la France était visée, on ne peut pas dire le contraire », a déclaré dimanche, M. Joyandet. Le parquet antiterroriste de Paris a ouvert une enquête.

Depuis deux ans, la Mauritanie, une ancienne colonie française, est la cible de groupes terroristes islamistes. En juin dernier, un Américain avait été tué en plein jour à Nouakchott. En décembre 2007, quatre français avaient été abattus à Aleg à 250 km de Nouakchott. Trois mauritaniens proches d’Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI) avaient été arrêtés et devront bientôt être jugés pour ces meurtres. Alain Joyandet qui conseille aux Français de Mauritanie d’être prudent leur a recommandé de diversifier leurs itinéraires. La classe politique mauritanienne, unanime, a condamné le premier attentat suicide qu’a connu le pays.