La Françafrique en scène

Dominique Ziegler signe une pièce politique satirique avec Ndongo revient. Un beau dialogue entre un président européen et un dictateur africain. Un dialogue qui tourne vite au pugilat verbal. Histoire de corruption et de gouvernance. Edifiant !

Verschave l’a conceptualisée, Tiken Jah chantée et Dominique Ziegler la met en scène. La Françafrique. Les relations entre la France et les Etats africains francophones ont toujours été tumultueuses, passionnées. Et -surtout- empreintes de paternalisme. Le Suisse Dominique Ziegler a décidé de s’attaquer à ce phénomène en mettant en scène deux personnages symboliques : les présidents français et africain. Toute ressemblance avec une personne existante ou ayant existé n’est pas fortuite. La pièce démarre très fort. Les deux présidents s’installent devant les micros pour une conférence de presse, le public joue le rôle de journalistes. Langage convenu taillé dans de l’ébène pur. Fin de la conférence de presse sous les applaudissements.

Les temps changent

Autre décor, changement d’attitude. Les deux hommes sont dans un salon confortable. Ils se remémorent leur passé commun, se donnent des nouvelles de leur famille avant d’arriver aux affaires. Le ton s’envenime. Après l’échange de cadeaux – une valise remplie d’argent pour le président blanc et un disque pour l’Africain. Le président africain porte un nom N’Dongo, l’Européen est anonyme. Ou plutôt plusieurs. Tous les présidents qui se sont succédés à la tête de la France. Car, on le comprend très vite, la pièce est une charge contre la politique africaine de la France.

Elections transparentes. Le président français (heu, blanc…), admirablement interprété par François Revaclier, tout embarrassé, demande à son homologue de procéder à des élections transparentes. Réplique cinglante de N’Dongo, incarné sur scène par le tout aussi excellent David Valère :  » plus transparentes que chez nous, ça n’existe pas. Les résultats sont annoncés le jour même ! « . Que les chiffres avoisinent les 100% ne lui pose pas problème.  » Ces résultats reflètent l’unanimité qui résulte de la conduite des affaires du pays. Vous ne pouvez pas comprendre en Occident ce sentiment de ne faire qu’un avec le peuple…  »

La pièce, après son succès à Genève et à Paris, est prolongée jusqu’au 29 juin. Alors si vous avez la chance d’habiter Paris ou d’être de passage, courez voir N’Dongo revient.

Contact :

N’Dongo revient, satire désopilante de Dominique Ziegler

Théâtre de la Main d’Or, 15, passage de la Main-d’Or, 75011