La Fondation Mo Ibrahim annonce qu’il n’y a pas de lauréat pour le Prix Ibrahim 2010

Le Jury du Prix Mo Ibrahim s’est réuni hier pour désigner le Lauréat du Prix Mo Ibrahim 2010. Après avoir délibéré, le Comité a informé le Conseil d’administration de la Fondation qu’il n’avait pas retenu de lauréat.

L’an dernier , le Jury du Prix Ibrahim avait annoncé qu’à la suite de l’examen approfondi des dossiers des candidats potentiels, il n’avait pas été en mesure de retenir un Lauréat. Cette année, le Jury a indiqué au Conseil d’administration qu’en l’absence de candidats nouveaux ou de développements significatifs, aucun lauréat n’avait pu être identifié pour la seconde année consécutive.

Le Prix Ibrahim reconnaît et récompense l’excellence en matière de leadership politique en Afrique. Le Prix est attribué à un ancien chef d’État élu démocratiquement et dont le mandat, déroulé conformément aux échéances définies par la constitution nationale, s’est achevé au cours des trois dernières années.

Le Prix Ibrahim s’élève à 5 millions de dollars versés sur une période de 10 ans, puis 200 000 dollars versés chaque année à vie. La Fondation peut envisager l’attribution d’une dotation supplémentaire de 200 000 dollars par an sur une période de 10 ans, destinée à des activités d’intérêt général soutenues par le Lauréat. Après Nelson Mandela, lauréat d’honneur, le premier chef d’Etat à avoir remporté le Prix, en 2007, est Joaquim Chissano, ancien Président du Mozambique, suivi en 2008 de Festus Mogae, ancien Président du Bostwana.

Après la décision du Jury, Mo Ibrahim, fondateur et Président de la Fondation Mo Ibrahim, a déclaré :

« Le Conseil d’administration respecte la décision du Jury. Le Jury, qui est indépendant du Conseil d’administration, est un dépositaire unique en son genre d’expérience, de connaissance et d’expertise.

« Qu’il y ait ou non un lauréat, l’objectif de la Fondation est de stimuler le débat, sur le continent africain et au-delà, sur ce qui constitue un leadership d’excellence.

« Les critères fixés pour le prix sont exigeants et le nombre de candidats potentiels variable selon les années. Il n’est donc pas inattendu qu’il y ait des années sans prix.

« De nombreux pays du continent ont accompli des progrès conséquents, ,non seulement sur le plan économique, mais aussi en termes de gouvernance. L’Indice Ibrahim, qui mesure la performance des pays africains par le biais de plus de 80 indicateurs, montre que l’indice global de gouvernance s’améliore chaque année.

«Pour autant, la Fondation ne fait preuve d’ aucune complaisance envers les normes de gouvernance en Afrique. Son objectif est d’améliorer la gouvernance et d’encourager un leadership de qualité en Afrique, et il est évident que bien des progrès restent à faire. C’est la raison pour laquelle la Fondation a décidé d’affecter les fonds qui destinés au Prix cette année au financement d’une initiative complémentaire en faveur de la gouvernance de qualité

« La Fondation va prochainement lancer les Bourses d’excellence Ibrahim. Il s’agit d’un programme sélectif visant à identifier et former des représentants de la prochaine génération de dirigeants africains d’exception.. Le programme vise chaque année plusieurs jeunes professionnels déjà hautement qualifiés qui pourraient notamment passer un moment au sein de grandes institutions internationales dont le cœur de métier est d’améliorer les perspectives économiques et sociales des Africains.

« La Fondation travaille actuellement à la mise au point de ce programme. Elle en précisera les détails lors du Forum de la Fondation sur la gouvernance qui se tiendra en novembre à l’Île Maurice. Les candidatures seront ouvertes peu de temps après et les premiers boursiers devraient entamer leur cursus en début d’année prochaine.

« Conforter une gouvernance de qualité en Afrique est plus important que jamais. La bonne gouvernance sera cruciale pour que les Africains bénéficient de la forte croissance économique que beaucoup prédisent pour le continent. Il existe de nombreux moyens pour encourager la bonne gouvernance. Le Prix en est un, les bourses d’excellence un autre. »