La FIJ demande la libération de deux journalistes emprisonnés au Niger

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a demandé aujourd’hui la libération immédiate et sans condition de Maman Abou et Oumarou Kéïta, respectivement Directeur de publication et Rédacteur en chef de l’hebdomadaire indépendant Le Républicain. Les deux journalistes accusés de propagation de fausses nouvelles et de diffamation contre l’Etat du Niger sont en détention depuis le vendredi 4 août.

8 août 2006

«Nous demandons au procureur de la République du Niger la libération sans condition des deux journalistes arbitrairement détenus et au Premier Ministre Hama Amadou, le retrait de cette plainte qui est une atteinte flagrante à la liberté de la presse.» a déclaré Gabriel Baglo, Directeur du bureau Afrique de la FIJ.

Maman Abou le Directeur de publication et Oumarou Kéïta le Rédacteur en chef de l’hebdomadaire Le Républicain sont ont été arrêtés le vendredi 4 août suite à une plainte du gouvernement. Les journalistes sont accusés de propagation de fausses nouvelles et de diffamation contre l’Etat du Niger. L’article incriminé, publié le 28 juillet et rédigé par Oumarou, reproche au Premier ministre de « courtiser à fond les Iraniens » jusqu’à « risquer d’exiger la fermeture de toutes les chancelleries occidentales et de liquider toutes les entreprises appartenant aux Blancs ».

Dans un numéro spécial de Le Républicain paru le samedi 29 juillet, les deux journalistes qui signent l’éditorial, indiquent que leur arrestation trouve sa justification dans les révélations compromettantes faites par leur hebdomadaire. « Notre journal s’est particulièrement illustré dans la dénonciation des cas de mal gouvernance dont le gouvernement de Hama Amadou est passé maître » indiquent-ils.

Ces arrestations interviennent alors que le 21 juin l’hebdomadaire privé L’Opinion a été frappé d’une interdiction de paraître suite à la publication d’un article jugé diffamatoire et injurieux à l’endroit du Chef de l’Etat et de sa famille. Le 5 juillet le Directeur de Publication de L’Opinion Zakari Alzouma a été interpellé après avoir fait paraître un autre hebdomadaire appelé L’Opinions (avec S). En mai dernier, le Premier Ministre Hama Amadou a menacé lors d’une conférence de presse, de jeter en prison les journalistes.

« Nous dénonçons cette vague de répression contre la presse au Niger qui s’appuie sur des lois draconiennes » a dit M. Baglo. « Nous réitérons notre appel au Président Mamadou Tandja pour que le projet de loi sur la dépénalisation des délits de presse qui a été remis au gouvernement depuis près d’un an, soit voté et promulgué pour le développement de la presse».

Voir le site du bureau Afrique de la Fédération Internationale des Journalistes