La fièvre Ebola fait de nouvelles victimes en Ouganda

Deux médecins ougandais qui avaient pris part à la lutte contre la propagation du virus mortel de la fièvre hémorragique Ebola sont décédés, portant à 21 le nombre de personnes ayant succombé à cette maladie, ont annoncé les autorités, le 5 décembre.

« La mauvaise nouvelle que je dois vous annoncer aujourd’hui est que notre médecin, qui avait été admis à l’hôpital de Mulago [de Kampala, la capitale] est décédé la nuit dernière et qu’un responsable de clinique qui était très malade est, lui aussi, décédé ce matin », a déclaré Samuel Kazinga, commissaire du district de Bundibugyo, l’épicentre de l’épidémie.

Le médecin décédé à Mulago était venu de Bundibugyo pour chercher un de ses enfants. Il était tombé malade par la suite et avait été placé en isolement à l’hôpital de Mulago, le plus grand centre hospitalier du pays.

Selon certaines autorités sanitaires, la propagation du virus s’explique par le manque de matériel médical adéquat à Mulago et dans les autres centres hospitaliers, même si le gouvernement a annoncé le 4 décembre avoir envoyé 400 paquets de matériel de protection dans la région frappée par l’épidémie pour permettre au personnel médical de se protéger correctement.

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a annoncé sa contribution à la lutte contre l’épidémie en offrant notamment des subventions aux agents médicaux travaillant dans les centres d’isolement.

Keith McKenzie, représentant de l’UNICEF en Ouganda, a indiqué à la presse, le 5 décembre, que la priorité était « d’assurer la protection de la communauté et des agents médicaux qui la servent », avant d’énumérer les autres formes d’actions que l’agence onusienne compte mener dans le cadre de la lutte contre l’épidémie, à savoir la fourniture de tentes, de draps en plastique, de bidons de chlore et de kits d’hygiène d’urgence pour 1 000 personnes, et sur une période de trois mois.

Huit spécialistes des centres de contrôle et de prévention d’Atlanta sont arrivés en Ouganda le 4 décembre pour aider à combattre la maladie qui a infecté au moins 64 personnes. Cinq de ces experts ont quitté Kampala pour Bundibugyo, le 5 décembre.

Selon les autorités, les efforts déployés pour isoler les patients suspects vivant à Bundibugyo, une commune rurale de la République démocratique du Congo (RDC) voisine, ont échoué car bon nombre d’habitants craignent que les hôpitaux ne soient pas des lieux sûrs.

Maladie rare, la fièvre Ebola, qui tient son nom d’un petit fleuve de la RDC, a fait au moins 170 morts dans le nord de l’Ouganda en 2000 et de l’avis de certains spécialistes, elle serait causée par les mauvaises conditions sanitaires et d’hygiène.

La maladie a été découverte pour la première fois en RDC en 1976, mais des épidémies ont été enregistrées en Côte d’Ivoire et au Gabon.