La famine aux portes du Sahel

La sécheresse au Sahel fait craindre une grave crise alimentaire. Cette conjoncture a amené les éleveurs à alerter hier les dirigeants de la région. Ce même jour, la Croix-Rouge tirait la sonnette d’alarme sur la situation au Niger. Un sommet des Chefs d’Etat et de gouvernements du CILSS (Comité permanent inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel), qui se tiendra jeudi prochain à N’Djamena, au Tchad tentera de trouver des solutions à la crise.

Les messages d’alerte viennent tout azimut. Et pour cause. Une grave crise alimentaire secoue actuellement le Sahel et pourrait bien s’aggraver rapidement. La raison : des déficits céréaliers importants dus à une insuffisance des pluies dans la région. Les conséquences : dix millions de personnes au Sahel seraient menacées, selon l’ONG Oxfam International. Les deux pays qui risquent d’être les plus touchés sont le Niger et le Tchad.

Hier, Billital Maroobé, un réseau d’éleveurs du Sahel, a lancé un appel d’urgence à l’adresse des dirigeants des pays de la zône. « Nous n’arrivons plus à nourrir nos troupeaux, ce qui nous pousse à les vendre à vil prix », affirme Dodo Boureima, le président de l’association. « Les communautés d’éleveurs et pasteurs sont d’ores et déjà fortement affectées (…) avec un taux prévisionnel de malnutrition aiguë de 29,9% soit le double du seuil d’urgence fixé à 15% », a-t-il expliqué.

Pour la Croix-Rouge : « Une aide s’impose de toute urgence ». L’ONG a lancé un appel d’urgence hier cette fois sur la situation dramatique du Niger. « Le pire est à craindre au Niger si des mesures énergétiques ne sont pas prises dans les plus brefs délais », prévoit Daniel Sayi, le représentant régional des pays du Sahel de la FICR (Fédération internationale des sociétés de la Croix-rouge et du croissant rouge). « La moitié de la population n’a plus de stock de céréales », a déclaré Angelika Kessler, membre de l’organisation.

Une situation qui inquiète les chefs d’Etat sahéliens

Le jeudi 25 mars, se tiendra un sommet des chef d’Etats et de gouvernement du CILSS (Comité permanent inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel).Le CILSS est un organisme créé en 1973, ayant pour but « la sécurité alimentaire » et la « lutte contre les effets de la sécheresse ». Neuf Etats sahéliens en sont membres[[Les 9 Etats membres du CILSS sont : le Burkina Faso, le Cap Vert, la Gambie, la Guinée Bissau, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad.]].

Ce sommet réunira les chefs d’Etat, notamment Blaise Compaoré président Burkinabé, le président tchadien Idriss Déby, et le chef d’Etat mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz. Il aura pour objectif la maîtrise de l’eau et le recul de la faim au Sahel. La clôture de la rencontre devrait aboutir à la signature d’un « accord partenarial d’adhésion », et installera la coalition mondiale « Maîtriser l’Eau pour faire reculer la faim ».

Depuis 1900, le désert du Sahara a progressé de 250 km vers le Sahel sur une largeur de 6 000 km. Cette désertification brutale du Sahel a pour conséquence un recul des terres cultivables, entraînant régulièrement des famines. En 2005, le Niger subissait encore une grave crise alimentaire.