La famille Ben Brik solidaire de Taoufik

Le journaliste tunisien et son frère Djellal sont rejoints aujourd’hui par leurs cinq frères et soeurs dans leur grève de la faim. La pression médiatique s’accentue sur le régime du président Ben Ali.

Chaque jour qui passe rend plus déplacée l’accusation du tribunal correctionnel tunisien qui prétend faire croupir Taoufik Ben Brik en prison pendant un an, pour cause d’agression contre des agents des forces de l’ordre et d’atteinte aux bonnes moeurs. Cette menace vient, on tendrait à l’oublier, à la suite d’une autre accusation toujours en cours : Taoufik Ben Brik, qui travaille en tant que correspondant pour plusieurs médias occidentaux, est actuellement passible de six ans de prison pour  » diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler l’ordre public «  et  » diffamation de corps constitué « .

Son passeport lui a été retiré, puis rendu hier soir. Révolté contre l’arbitraire du régime du président Zine El Abidine Ben Ali, Taoufik Ben Brik est en grève de la faim depuis le 3 avril. Il aurait perdu 18 kilos. La semaine dernière, plusieurs journalistes tunisiens et étrangers ont été brutalisés par la police alors qu’ils tentaient de pénétrer chez Taoufik Ben Brik assigné à domicile. Son frère Djellal, qui les accompagnait, a été fait prisonnier et a entamé une grève de la faim à son tour.

Solidarité internationale

Dimanche soir 30 avril, la mère des deux hommes a enjoint à ses cinq autres enfants de cesser de s’alimenter à partir d’aujourd’hui. Ceux-ci, qui vivent hors de Tunisie, ont accepté en signe de solidarité avec leurs deux frères.

Dans le même communiqué, Chouikha Bent Salah Zoghlami a appelé à la réouverture d’Aloès, la maison d’édition fermée par le pouvoir tunisien le 10 avril, la prise en charge des frais médicaux des amis du journaliste molestés la semaine dernière, et enfin la reconnaissance de tous les droits de Taoufik.

Les derniers développements de l’affaire Ben Brik sont une détestable nouvelle pour le régime de  » Notre ami Ben Ali «  *. En suscitant la solidarité des médias du monde entier, ils jettent une lumière toujours plus crue sur l’absence de liberté médiatique en Tunisie.

* titre d’un ouvrage français très critique à l’égard du président tunisien.