La dynastie Oppenheimer se sépare des diamants De Beers

L’emblématique société sud-africaine De Beers, leader mondial du diamant, va être rachetée par la compagnie Anglo American. C’est la fin d’un mythe, celui de la dynastie Oppenheimer qui contrôlait depuis 1927 la société qui avait inventé le slogan « les diamants sont éternels ».

Depuis Ernest , le fondateur de la dynastie, qui avait justement créé la société Anglo American avant de racheter en 1929 la compagnie diamantaire De Beers, le nom d’Oppenheimer est synonyme du diamant dans le monde entier. Aujourd’hui dirigée par Nicky Oppenheimer, petit fils d’Ernest, 64 ans, deuxième fortune africaine avec 5 milliards de dollars, selon le classement du magazine Forbes, De Beers est toujours le leader mondial du secteur, mais concurrencé par le groupe russe Alrosa qui progresse à pas de géant. Les Oppenheimer sont aussi connus pour les prises de positions d’Harry, fils d’Ernest et père de Nicky, qui avait pris position contre l’apartheid. : « Nous sommes un groupe sud-africain et nous ne nous en cachons pas. Nous n’aimons pas la politique du gouvernement, mais nous pensons que l’Afrique du Sud est encore un grand pays, nous nous sentons patriotes. Et nous espérons toujours pouvoir le rendre meilleur », avait-il déclaré. En 2005, David Noko sera nommé à la direction de De Beers Consolidated Mines (DBCM), la branche minière du groupe. De Beers est alors une des premières multinationales sud-africaine, et la première du secteur minier à nommer un noir à sa tête.

La cession de De Beers n’est cependant pas neutre pour la famille puisque les 40% détenus par la famille Oppenheimer sont évalués à 5,1 milliards de dollars selon Les Echos. Anglo American détenait déjà 45%, les 15% restant étant aux mains de l’Etat du Botswana, qui bénéficie d’un droit de préemption sur 10% du capital. Les Oppenheimer devraient « investir la majeure partie du produit de la transaction en Afrique » précise Les Echos , et ce « sur les secteurs de la consommation et de l’agriculture ». Enfin, Les Oppenheimer restent propriétaires de 2% du capital d’Anglo American. De quoi voir venir pour l’avenir.

Lire aussi : Oppenheimer : pour l’amour des diamants