La Danse contemporaine du Congo est en vedette à Belo Horizonte

“La danse est un langage universel”. La phrase du chorégraphe et danseur Papy Ebotani a été comprise et vécue de diverses manières pendant la présentation des spectacles “Na Tempo” et “Parlement Debout”, le 26 septembre à l’Espace 104 de Belo Horizonte. À voir les deux performances, il était difficile d’imaginer que le spectacle “Parlement Debout” était présenté par des volontaires qui n’ont eu que trois jours pour se préparer.

100 personnes environ ont assisté aux présentations, dont beaucoup de familles avec des enfants. Le musicien sénégalais Mamour Ba, qui vit à Belo Horizonte depuis 22 ans, était accompagné de sa famille et est allé assister pour la première fois un spectacle de l’Année de la France au Brésil. Il était curieux de voir le spectacle du Congo, pays proche du sien.

Les cousines Luana et Júlia Marinho, quant à elles, accompagnent la programmation de l’Année de la France au Brésil avec assiduité. Elles venaient d’assister au film “Joana Francesa” avant d’aller voir les spectacles des Studios Kabako. Luana est étudiante en Lettres et en Français et aime beaucoup l’idée de l’Année de la France au Brésil, qui permet de mieux connaître la culture de l’autre. Júlia souligne que, au-delà de l’échange, la scène culturelle de la ville est aujourd’hui plus vivante.

Deux scènes ont été montées, côte à côte, à l’Espace 104, une ancienne fabrique et magasin de tissus du centre-ville. “Na Tempo” a été présenté pour la première fois. Le chorégraphe Papy Ebotani explique que le solo de 17 minutes est sa première création, résultat de sa formation. Après avoir abandonné l’école très tôt, il est s’est inscrit au service militaire, pour faire la guerre. Il a manqué l’avion pour le champ de bataille 3 fois, a abandonné les militaires et a résolu de chercher un groupe de danse dont il avait entendu parler. Il y a commencé comme percussionniste, mais, peu après, appelé par le chorégraphe, est devenu danseur, lorsqu’un autre danseur quitta la troupe. Dès lors, Papy s’est formé avec plusieurs danseurs, chorégraphes, scénographes et photographes. Et, selon lui, toutes ses expériences sont d’une manière ou d’une autre représentées dans cette chorégraphie.

Dans “Parlement Debout”, la deuxième pièce présentée, Papy voulait développer un spectacle qui lui permettait de bien occuper l’espace et d’inviter les gens à parler et à penser sur leur vie. Le résultat est une présentation qui recrute 10 volontaires locaux qui, à un certain moment de la danse, se présentent et racontent un peu de leur vie au public. Patrick Le Coustumer, directeur de l’Alliance Française et un des responsables de l’événement, a raconté que les volontaires ont été recrutés par le biais de courriels et d’affiches. Pendant trois jours, ils ont participé à des ateliers avec le chorégraphe, dont le résultat a été présenté sur scène. Peu d’élèves parlaient français mais, selon Papy, la langue n’était pas la principale difficulté. Selon lui, les figurants ont eu des difficultés à s’adapter à l’esprit du spectacle, ce qui lui donné un peu d’appréhension, mais que, à la fin du spectacle, il se sentait tranquille, avec la certitude que tout s’était bien passé. Tous avaient la même énergie et se comprenaient à travers la danse.

Après les deux présentations, la différence de langues ne fut pas une barrière. Une grande partie des spectateurs est venue livrer ses impressions au chorégraphe. Les enfants, un peu plus libres, se risquaient à montrer quelques pas de danse. Papy a souligné qu’il se sentait heureux de voir que les gens partageaient avec lui après les spectacles, racontant la manière dont ils ont été rappelés à leurs identité et origine.

Pour Patrick Le Coustumer, l’importance d’amener des spectacles comme celui-ci au Brésil vient de l’idée qu’apprendre une langue est, également, transmettre une culture. Il a expliqué que les Studios Kabako ont été choisis pour leur représentativité et pour leur rôle d’avant-garde dans le monde de la danse, ce qui rend possible un échange intense avec le Brésil. En plus, l’atelier avec les volontaires permet que le savoir soit échangé et reproduit, générant de bons résultats pour tout le monde.

Les Studios Kabako ont été fondés en 2001 par le chorégraphe Faustin Linyekula et ont le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) d’Île-de-France et du Ministère français de la Culture et de la Communication. Les deux spectacles ont déjà été présentés en France, en Allemagne, en Belgique et dans quelques villes d’Afrique. Au Brésil, ils passeront aussi à Salvador, Niterói et Florianópolis. À Belo Horizonte, l’événement a eu pour mécène Paco Pigalle, avec le soutien de la République Française. La production est de CulturesFrance et la réalisation de l’Alliance Française et de Centro e Quatro.

Année de la France au Brésil