La crise économique perdure au Maroc

Le Maroc n’est pas épargné par la crise économique. Le pays doit économiser 5,7 milliards de dirhams pour espérer sortir la tête de l’eau. Selon les autorités, cette situation serait en partie due à la crise de la zone euro. Le gouvernement d’Abdelilah Benkirane a prévu plusieurs mesures pour redresser les comptes.

L’économie marocaine est à bout de souffle. Les comptes publics sont en très mauvaise santé. Le déficit colossal de la balance commerciale serait la principale zone d’ombre. Selon TSA, ce déficit s’élèverait à 10 milliards d’euros. Une hausse de 7,2% sur le premier semestre de l’année par rapport à la même période en 2011. La raison de ce bilan accablant ? La hausse des importations, estimées à 20 milliards d’euros. Une hausse de 6,2 % par rapport à la même période l’année dernière. Le royaume chérifien a particulièrement importé des produits énergétiques qui représentent 47% des importations du pays. Les exportations n’ont quant à elles augmenté que de 5% grâce au commerce du phosphate, dont le Maroc est leader mondial.

Les mauvais chiffres de l’économie sont aussi dus à la baisse du tourisme. Le gouvernement mène actuellement une campagne de sensibilisation pour attirer les touristes britanniques au Maroc. L’objectif, selon le ministre marocain du Tourisme Lahcen Haddad, attirer un million de visiteurs supplémentaires par an. « Le Maroc est déterminé à renforcer sa position sur le Royaume-Uni, un des plus grands pays pourvoyeurs de touristes dans le monde avec près de 60 millions de voyageurs par an », a-t-il indiqué le 27 juillet.

Chômage et précarité

Le gouvernement a présenté lundi devant la chambre des représentants des mesures pour faire face à la situation. Le Premier ministre Abdelilah Benkirane a promis de contenir le déficit budgétaire à 5%. Une mesure qui devrait permettre d’économiser 5,7 milliards de dirhams, ce qui se traduira par des recettes supplémentaires d’environ 2,8 milliards de dirhams, a précisé le chef du gouvernement. Selon les autorités, la situation économique du Maroc est en partie due à la crise de la zone euro. Le Fond monétaire international (FMI) a d’ailleurs accordé un crédit de 6 milliards de dollars au royaume chérifien pour le protéger de la crise provenant de la zone euro. Le gouvernement cherche également à attirer les investisseurs étrangers pour renflouer les comptes.

Cette crise économique a de graves conséquences sur la vie des populations. Beaucoup de Marocains vivent dans la précarité. Le taux de chômage, notamment des jeunes diplômés, est toujours très élevé. Selon Abdallah Saaf, ancien ministre marocain de l’Education et professeur en sciences politiques à l’université de Rabat-Agda, contacté par Afrik.com, « chaque année près de 200 000 diplômés arrivent sur le marché de l’emploi et sur ces 200 000, seuls 80 000 trouvent un emploi ». Une situation que le Mouvement du 20 février a dénoncée à plusieurs reprises lors de manifestations. Fer de lance de la protestation marocaine durant les révoltes arabes, il réclame plus de réformes et de justice sociale. Pour le moment, le Mouvement du 20 février estime que les réformes entreprises par le pouvoir sont insuffisantes.

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