La crise au Burundi au cœur d’un sommet extraordinaire en Tanzanie

Les chefs d’État d’Afrique de l’Est organisent, ce mercredi, un sommet extraordinaire, à Dar es Salaam, en Tanzanie, afin de trouver une solution face à la crise politique que traverse le Burundi.

Face à la situation qui prévaut au Burundi, les chefs d’État d’Afrique de l’Est vont tenter, ce mercredi 13 mai 2015, lors d’un sommet en Tanzanie, de trouver des réponses à la crise politique que traverse le Burundi, depuis la candidature du Président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat. Une candidature qui a mis ce pays d’Afrique des Grands Lacs à feu et à sang.

Les cinq pays de la Communauté Est-africaine (EAC) que sont le Burundi, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda et la Tanzanie ont entamé, dès ce mercredi matin, des travaux afin de mettre un terme à la crise au Burundi. Le front Kenya-Tanzanie-Ouganda estime que les parties politiques au Burundi doivent se tenir à la décision de la Cour constitutionnelle qui a jugé, le 5 mai dernier, qu’un nouveau mandat de Pierre Nkurunziza était conforme à la Constitution et demande de ce fait aux manifestants de cesser leur mouvement.

Par ailleurs, les meneurs de la contestation burundaise n’ont pas été invités à prendre part au sommet ainsi que Pacifique Nininahazwe, un dirigeant du collectif contre un troisième mandat. Pour lui, le sommet doit apporter une seule solution, une injonction à Pierre Nkurunziza de renoncer. « Il faut que les chefs d’État donnent un message direct à Nkurunziza, que son peuple en a marre », a-t-il martelé.

Pour l’ex-président burundais de transition Domitien Ndayizeye, qui est également candidat à la Présidentielle, les présidents de l’EAC doivent dire au Président burundais de ne pas se représenter. « Comment pourraient-ils aller contre l’Accord d’Arusha qu’ils ont eux-mêmes parrainé », qui limite le nombre de mandats présidentiels à deux. Un avis que ne partage pas le conseiller en communication du Président qui attend de ce sommet « une prise de position en faveur de la paix, de la sécurité et de la continuité du processus électoral ».

Depuis l’annonce de la candidature de Pierre Nkurunziza, des manifestations ont lieu, chaque jour, à Bujumbura, de plus en plus violentes. Elles ont causé la mort de près de vingt personnes. Une manifestation est d’ailleurs prévue, ce mercredi, dans la capitale burundaise.