La CPI rejette sa demande : Laurent Gbagbo ne sera pas jugé en Côte d’Ivoire

La Cour pénale internationale (CPI) a rejeté, ce lundi, la demande de la défense de Laurent Gbagbo d’ouvrir le procès de l’ancien Président en Côte d’Ivoire, invoquant des problèmes de sécurité et de logistique.

Le procès de Laurent Gbagbo se déroulera bien à la Haye et non en Côte d’Ivoire. La Cour pénale internationale (CPI) a rejeté, ce lundi 26 octobre 2015, la demande de la défense de Laurent Gbagbo d’ouvrir le procès de l’ancien Président ivoirien, invoquant des problèmes de sécurité et de logistique. L’avocat de l’ancien chef d’Etat ivoirien accusé de crimes contre l’humanité lors de la crise post-électorale de 2010-2011 avait en effet demandé aux juges que l’ouverture du procès ait lieu en Côte d’Ivoire, ou alternativement à Arusha, en Tanzanie.

Mais les juges de la juridiction internationale ont été on ne peut plus clair : « Particulièrement soucieuse des risques sécuritaires et des implications logistiques, la Cour ne peut pas recommander que les déclarations d’ouverture se tiennent à Abidjan ou à Arusha, expliquent les juges dans un document. Pour cette raison, la Chambre rejette la demande ».

De leur côté, les procureurs estiment que les points positifs d’un procès à Abidjan « seraient balayés par les problèmes sécuritaires, dont le risque que les auditions provoquent de violentes manifestations ». Ils jugent par ailleurs que la tenue du procès en Tanzanie, pays « sans apparente connexion avec la Côte d’Ivoire, n’aurait pas plus de sens qu’un procès à La Haye ». Pour justifier sa requête, l’avocat de Laurent Gbagbo avait notamment estimé « crucial que les Ivoiriens ne se sentent pas exclus du procès ».

Depuis la fin de la crise post- électorale ivoirienne, les pro-Gbabo sont aujourd’hui encore très nombreux à soutenir l’ancien Président ivoirien. Certains ont même été jusqu’à boycotter la Présidentielle ivoirienne qui s’est tenue dimanche, dont le chef d’Etat sortant Alassane Ouattara est favori. Les partisans de Laurent Gbagbo estiment avoir été les seuls à être mis sur le banc des accusés alors qu’à ce jour, aucun responsable pro-Ouattara n’a répondu de ses crimes.