La CPI accepte que l’ex-espion de Kadhafi soit jugé en Libye

Après plusieurs mois de tergiversations, la Cour pénale internationale a finalement accepté, ce vendredi, que l’ex-chef des services de renseignements libyens, Abdallah Senoussi, soit jugé en Libye.

La Cour pénale internationale s’est finalement inclinée. Après plusieurs mois de querelle avec les autorités libyennes, elle a donné son accord, ce vendredi, pour que Abdallah Senoussi, l’ex-chef des services de renseignements de Mouammar Kadhafi, soit jugé en Libye. La CPI, qui l’a inculpé de crimes contre l’humanité, avait dans un premier temps réclamé à la Libye son extradition pour pouvoir le juger, accusant la justice libyenne d’être incapable de le faire équitablement du fait de son passé au sein du régime de l’ex-leader libyen.

Qu’est-ce qui a bien poussé la CPI à changer d’avis à propos du jugement d’Abdallah Senoussi ? Les juges de la CPI « ont conclu que le cas ne pouvait être porté devant la Cour, en accord avec le principe de complémentarité », a indiqué l’institution. Selon les juges, « l’accusation contre Senussi fait actuellement l’objet d’une procédure dans son pays, menée par les autorités compétentes, et la Libye est prête et capable de mener véritablement cette enquête ». Par conséquent, les statuts de la CPI prévoient que la Cour ne peut entamer des poursuites contre un suspect si celui-ci est jugé de façon équitable dans son pays. Toutefois la CPI précise qu’elle pourrait revenir sur sa décision s’il apparaissait finalement qu’Abdallah Senussi ne bénéficiait pas d’un procès équitable.

En revanche, l’institution a tenu à souligner que sa décision à propos de l’ex-espion du défunt leader libyen ne concernait pas le fils de Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam. Ce dernier est toujours détenu par des ex-rebelles qui refusent de le remettre aux autorités dans une prison à Zenten, dans l’ouest du pays. La Haye réclame toujours son extradition. Seif al-Islam et 18 autres hauts responsables du régime déchu sont accusés de crimes commis lors de la répression de la révolte contre l’ancien leader libyen il y a deux ans. Un tribunal de Tripoli doit décider le 24 octobre s’il va inculper ou pas Seif al-Islam, Abdallah Senussi et les autres responsables du régime de Kadhafi. Ils risquent tous la peine de mort toujours en vigueur en Libye.