La cour d’Alger dévoile le verdict du 1er procès de la corruption sous la présidence Bouteflika

Le désormais ex-Président algérien, Abdelaziz Bouteflika

Ouvert le dimanche 1er mars, le procès en appel d’une vingtaine d’ex-hauts responsables sous le régime Bouteflika a connu son épilogue ce mercredi 25 mars. Les principaux inculpés, d’anciens membres de l’ex-gouvernement algérien, risquaient jusqu’à 25 ans de prison pour des accusations de corruption. Deux anciens ministres sont tout particulièrement visés, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ont été condamnés respectivement à 15 et 12 ans de prison ferme pour corruption par la cour d’appel d’Alger.

Plus de 25 ans d’emprisonnement

À Alger, le verdict du procès en appel d’anciens membres du gouvernement était très attendu. Toutes les attentions étaient focalisées sur les deux ex-ministres du gouvernement de Bouteflika.

Âgé de 67 ans, Ahmed Ouyahia a été membre du gouvernement de 1995 à 2019. Il a occupé quatre fois le poste de Premier ministre, dont 3 fois au cours des 20 années de la présidence Bouteflika. Ex-ministre de l’Industrie, entre 2014 et 2017, Abdelmalek Sellal a été le chef de campagnes lors des 4 élections présidentielles d’Abdelaziz Bouteflika. À 71 ans, il est en fuite à l’étranger et sous le coup d’un mandat d’arrêt international. Tous deux risquent désormais une peine d’emprisonnement de 25 ans.

Pour les autres prévenus, notamment deux autres anciens ministres, Youcef Yousfi et Mahdjoub Bedda, les peines de prison requises en première instance allaient de 8 à 15 ans d’emprisonnement. À ces peines, il faut ajouter la confiscation des biens des deux accusés. À l’issue de ce procès en appel, ils pourraient écoper de 15 ans d’emprisonnement.

Épilogue d’un procès historique ?

Ce procès en appel révèlera les peines réservées par la justice algérienne à 18 accusés mis en cause. Il fait suite au procès en première instance, dont le verdict avait été rendu en décembre 2019. Lors de ce premier procès, le Procureur de la République avait alors requis de très lourdes peines d’emprisonnement contre Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal.

La vingtaine d’accusés est principalement composée de riches patrons, d’ex-responsables politiques et de hauts fonctionnaires d’État. Depuis la chute du régime Bouteflika, les prévenus avaient été arrêtés, puis placés en détention. Ils sont poursuivis pour des faits de corruption commis par rapport au financement électoral jugé « occulte » ainsi que des malversations touchant le secteur de l’automobile.

Pour l’Algérie, ce procès en appel contre d’aussi hauts dirigeants est une première depuis l’indépendance du pays en 1962.