La Coupe du Monde au service de la sensibilisation au VIH en Afrique du Sud

Dans moins de sept mois, l’Afrique du Sud accueillera un événement sportif d’importance planétaire : la Coupe du Monde de football. Les millions de fans du ballon rond qui répondront à l’appel aussi bien dans le pays qu’à l’étranger représentent une chance en or pour le secteur des affaires et celui du tourisme en Afrique du Sud, mais également pour la lutte contre le VIH/SIDA.

Le 18 novembre 2009, des responsables sanitaires, des activistes et des organisations de la société civile se sont réunis à Johannesbourg afin de planifier la manière de tirer le meilleur parti de l’événement, qui se déroulera pendant 30 jours dans huit des neuf provinces sud-africaines.

Les médias internationaux ont récemment indiqué que la Coupe du Monde pourrait aggraver l’épidémie de VIH/SIDA qui frappe déjà sévèrement le pays. Toutefois, la rencontre sportive est vue comme une opportunité de répondre à la crise sanitaire par d’autres intervenants, dont l’ancien joueur de football Ronny Zondi, qui représente le secteur du sport et des loisirs du Conseil national de lutte contre le sida sud-africain (SANAC en anglais), l’organe chargé de la coordination des activités anti-VIH en lien avec la Coupe du Monde.

Les stades, les parcs destinés aux fans, les hôtels et les bars sont autant de lieux où l’on pourrait diffuser des messages de prévention sur le VIH, distribuer des brochures et des préservatifs, et proposer des services de conseil et dépistage volontaires. Lors de la rencontre, il a également été souligné le besoin pour toutes les organisations engagées dans la lutte contre le VIH/SIDA de travailler en collaboration avec la Fédération internationale de football, la FIFA, et son comité organisateur local (COL), afin d’éviter le chevauchement d’efforts et la diffusion de messages contradictoires.

Le docteur Victor Ramathesele, médecin en chef du COL, a exhorté les participants à tirer profit de l’expertise de la FIFA en matière de marketing afin de diffuser des messages de prévention du VIH/SIDA avant et pendant la Coupe du Monde.

Noluntu Ntloko, de l’unité chargée du marketing de la FIFA, a informé les participants des restrictions applicables à l’utilisation des marques déposées de la FIFA or des autres marques qui pourraient entrer en conflit avec celle de ses commanditaires et partenaires commerciaux. En outre, il a encouragé les organisations à acheminer leurs activités prévues dans le domaine de la prévention du VIH par le biais du COL.

Dans le cadre du mouvement Football for hope, la FIFA a déjà conclu des partenariats avec des organisations de la société civile engagées dans la lutte contre l’épidémie. Parmi ces partenaires figure Grassroots Soccer, qui s’emploie avec une ONG locale, Sonke Gender Justice, à former des entraîneurs de football pour que ces derniers sensibilisent les jeunes au VIH/SIDA.

Plusieurs organisations ne comptent pas relâcher leurs efforts après le coup de sifflet final de la Coupe du Monde, mais elles prévoient, au contraire, de mener des campagnes durant toute l’année 2010 et de s’adresser à l’ensemble du continent.

Wayne Alexander, de Dance4Life, une initiative internationale qui a pour but d’impliquer et de responsabiliser les jeunes, a informé les participants au sujet du Fair Play for Africa, une campagne de mobilisation communautaire visant à promouvoir le droit aux soins de santé de qualité pour tous les Africains et à tenir les gouvernements africains responsables de l’accès aux soins. Jusqu’à présent, 200 ONG se sont engagées à participer à l’initiative et des activités se dérouleront dans douze pays d’Afrique au cours de l’année 2010.

« Nous avons parcouru un long chemin », a estimé le docteur Robin Petersen, responsable de la rencontre de Johannesbourg. Il y a 10 ans, lorsque l’Afrique du Sud a envisagé de déposer sa candidature pour accueillir la Coupe du Monde, le pays a été pressé de ralentir la propagation de l’épidémie. « Aujourd’hui, nous prévoyons de tirer profit de cet événement pour trouver des solutions à l’une des plus importantes crises à laquelle notre pays est confronté », a-t-il conclu.

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