La Côte d’Ivoire sort de la marginalité

Abidjan commence à respirer. Les instances internationales commencent à reconnaître le caractère démocratique, ou du moins la volonté de changement, du régime ivoirien. L’Union européenne a proposé de reprendre de façon graduelle et mesurée la coopération avec la Côte d’Ivoire.

Réaction mitigée. Le ministre ivoirien de l’Economie et des Finances Bouhoun Bouabré a poussé un grand ouf de soulagement à la proposition de l’Union européenne de reprendre la coopération avec la Côte d’Ivoire mais estime que son pays a donné assez de gages de démocratie.  » la Commission européenne aurait pu proposer mieux qu’une reprise graduelle et mesurée, parce que les autorités ivoiriennes ont fait des efforts ( droits de l’Homme et démocratie, ndlr) « , estime Bouhoun Bouabré même s’il n’hésite pas à qualifier cette proposition de positive.

Après le représentant du Fonds monétaire international, c’est au tour de l’UE de constater  » l’évolution notable des institutions démocratiques en Côte d’Ivoire « . Les élections municipales ont été le facteur visible de la volonté de Laurent Gbagbo de tourner, à son rythme, la page noire de la Côte d’Ivoire.

Bruxelles s’énamoure d’Abidjan

Le retour de la Côte d’Ivoire sur le plan international se fait timidement. Avant les élections municipales, dont le parti d’Alassane Ouattara (RDR)était sorti le grand vainqueur, la tournée européenne effectuée par le Premier ministre s’était soldée par un échec cinglant. Bruxelles demande des garanties sur la question des droits de l’Homme. Apparemment, Abidjan a entendu l’appel.  » Je suis satisfait des initiatives concrètes prises par les autorités de Côte d’Ivoire « , affirme Paul Nielson, commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire.

La proposition de l’Union européenne sera soumise à l’approbation des quinze très prochainement. L’aide européenne était suspendue depuis 1998. Abidjan attend impatiemment les décaissements.