La Côte d’Ivoire contente le FMI

Deux ans après avoir suspendu sa coopération financière en Côte d’Ivoire, le Fonds monétaire international (FMI) vient d’adopter un programme intérimaire pour le pays. Après la rupture, la coopération.

C’est jeudi dernier que le ministre ivoirien de l’Economie et des Finances, Paul-Antoine Bohoun Bouabré, a annoncé que le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a adopté le programme intérimaire pour la Côte d’Ivoire. La presse locale rapporte à grand renfort d’adjectifs le plaisir et la satisfaction affichés par le ministre. Et il y a de quoi. Le programme intérimaire a été adopté le 31 août tel que conclu avec la Côte d’Ivoire le 2 juillet dernier, sans modification de contenu ou de délai.

 » Avec cette décision, nous sommes sortis d’une époque de rupture avec le FMI pour entrer dans une phase de collaboration technique. L’adoption du programme intérimaire traduit le fait que le conseil d’administration avalise le diagnostic fait et les mesures arrêtées pour résoudre les problèmes auxquels notre économie est confrontée « , a plaidé le ministre.

Engagement total

Le FMI, qui avait suspendu sa coopération financière en Côte d’Ivoire en 1999, semble donc satisfait des efforts réalisés par le pays pour préparer la relance économique. Pour autant, il reste des problèmes assez lourds à régler. La Côte d’Ivoire accuse des arriérés importants et se doit d’accélérer les mesures visant à renforcer le recouvrement des recettes fiscales et douanières. Au niveau des dépenses, le niveau actuel des salaires est trop élevé : il absorbe près de la moitié des recettes budgétaires.

Sur ce point, les experts du FMI recommandent un contrôle strict des dépenses ainsi qu’une maîtrise des recrutements au niveau de la Fonction publique. Ils ont également exhorté les autorités ivoiriennes à ne pas remettre en cause la libéralisation de la filière café-cacao. Paul-Antoine Bohoun Bouabré a réaffirmé l’engagement du gouvernement sur ces points.  » Les réformes que nous nous sommes engagés à mettre en oeuvre doivent se poursuivre. (…) Nous sommes décidés à réaliser la totalité des mesures arrêtées dans le programme. Nous irons même plus loin « , a-t-il déclaré.

La Côte d’Ivoire s’engage donc à ne pas accumuler de nouveaux arriérés, à contrôler le niveau des dépenses salariales, à préparer une stratégie de la dette, à assainir le secteur des entreprises publiques, à poursuivre et approfondir les réformes sectorielles ainsi qu’à renforcer le recouvrement des recettes fiscales et douanières.