La confusion de l’équipe dirigeante de la nouvelle ADEMA

Après l’éviction de l’ancien Premier ministre et président du parti, Ibrahim Boubacar Keita, le parti a semblé hier désorienté et incapable de promouvoir ses nouveaux leaders.

Le premier congrès extraordinaire de l’Associaiton pour la démocratie au Mali (ADEMA, parti au pouvoir), qui s’est achevé hier à Bamako, a permis l’élection d’un nouveau comité exécutif, largement composé des  » rénovateurs  » qui avaient poussé l’ancien président du parti Ibrahim Boubacar Keita (IBK) à la démission le 9 octobre dernier. Le congrès n’a pas désigné, en revanche, de candidat du parti majoritaire à l’élection présidentielle d’avril 2001 – une échéance à laquelle la Constitution malienne interdit à Alpha Oumar Konaré, l’actuel président de la République, de se présenter une nouvelle fois.

En démissionnant de la tête de l’ADEMA – six mois après avoir été limogé de son poste de premier ministre -, IBK avait expliqué que  » ce nouveau parti ADEMA qui se profile ne saurait être, en aucun cas, conforme à mon éthique et à la morale politique « . Ces paroles semblent avoir hanté les trois jours de débat qui viennent de se tenir à Bamako. Un peu comme si l’ombre d’IBK elle-même planait sur ceux qui l’ont battu, le congrès extraordinaire a échoué dans son objectif principal, qui était de désigner un candidat ADEMA pour le printemps prochain. A noter tout de même que les proches d’IBK ont tous été évincés du nouveau conseil exécutif du parti.

IBK peut-il changer d’avis ?

La réputation d’intégrité de l’ancien Premier ministre semble, en effet, intacte au sein du parti, et les  » rénovateurs  » ne sont pas parvenus à se défaire des insinuations d’IBK sur leur propre honnêteté.

Il est vrai que tous sont membres du gouvernement. Soumeylou Boubeye Maïga est ministre de la Défense, Soumaïla Cissé est à la tête de l’Equipement, de l’Urbanisme, de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, M. Ousmane Sy, enfin, dirige l’Administration territoriale et les Collectivités locales.

En l’absence d’une perspective claire, plusieurs journaux maliens envisageaient, mercredi matin, que la nouvelle direction fasse appel à nouveau à IBK. On voit mal, néanmoins, comment celui-ci pourrait faire volte-face, après avoir tenu les propos que l’on sait il y a un mois seulement.