La Cola, rare…et chère

L’économie malienne commence à subir les conséquences de la crise ivoirienne. Pour preuve : le prix de la cola a flambé. Les 50 kilogrammes sont passés de 24 000 F CFA à environ 60 000 F CFA. La population s’inquiète de cette hausse des tarifs de plus de 50%.

Rien ne va plus pour les cours de la cola au Mali. Les prix ont plus que doublé. Un panier de 50 kilogrammes est aujourd’hui cédé entre 55 000 et 65 000 F CFA sur le marché, contre 24 000 F CFA juste avant la crise ivoirienne du 19 septembre. L’économie malienne commence donc à subir concrètement et de plein fouet les conséquences de la situation en Côte d’Ivoire. Les prix de nombreux produits de consommation ont été revus à la hausse.

A toute chose malheur est bon

Le prix de la cola n’a pas flambé par hasard. Le Mali n’en produit pas et la Côte d’Ivoire est le principal fournisseur de qualité en matière de noix de cola de toute la sous-région. Chaque mois, Bamako dépense chez son voisin 413 850 000 F CFA pour l’importation de cette denrée. A présent, les camions maliens sont bloqués sur les routes de Côte d’Ivoire, et seule une dizaine de chargements est parvenue à alimenter le marché. La situation de crise a un précédent. En 2000 déjà, les prix de la cola avaient connu une forte inflation à cause des mauvaises récoltes de cola ivoiriennes.

Cette flambée des prix est préoccupante car ce stimulant est un bien de consommation courante. Il accompagne les Maliens dans leur quotidien. Les importateurs ont donc dû trouver une solution en urgence. Ils se sont vus dans l’obligation de faire venir de la cola guinéenne en plus grande quantité que d’ordinaire, bien que cette dernière soit de moindre qualité. La crise ivoirienne ouvre donc bien malgré elle de nouvelles perspectives de développement pour la Guinée Conakry. Jusque là, le Mali n’importait que 2 500 tonnes de cola guinéenne par an contre 2 759 000 tonnes de cola ivoirienne chaque mois.