La city à Douala ?

L’assemblée constitutive de la Douala Stock Exchange (SADSE), préalable essentiel à l’ouverture de la bourse de Douala, a élu ce week-end Benedict Belibi à la présidence du conseil d’administration. Entretien avec un golden boy.

Benedict Belibi s’exprime avec prudence et insiste sur son rôle de  » technicien  » dans la mise en place de la bourse de Douala. Le sujet est en effet délicat, étant donné les dissensions au sein de la Communauté économique et monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC) que traduit l’annonce de la mise en place de la bourse camerounaise, quinze jours à peine après la présentation officielle de la bourse de Libreville. Rappelons cependant que ce  » technicien  » est aussi Secrétaire général de l’Association professionnelle des établissements de crédit du Cameroun (APECCAM), premier actionnaire de la Douala Stock Exchange. Interview.

Afrik : En quoi l’assemblée constitutive de la Douala Stock Exchange est-elle une étape décisive de la création de la bourse de Douala ?

Benedict Belibi : Ce qui s’est mis en place le week-end dernier est la constitution de l’entreprise de marché. C’est un grand pas vers la mise en valeur du marché financier. Si l’Etat camerounais est le promoteur principal de la bourse de Douala, il a, à cette occasion, fait appel aux professionnels du marché pour constituer l’entreprise qui gérera la bourse au quotidien. La seconde étape à franchir sera la mise en place de la Commission des opérations boursières, qui aura pour charge la tutelle de l’entreprise de marché. Quand le back office sera ainsi constitué, les premières transactions pourront avoir lieu.

Afrik : Pour quand prévoyez-vous l’ouverture de la bourse ?

Benedict Belibi : L’Etat camerounais souhaite cet événement courant 2002, sans doute aux alentours du mois de mars. Mais un gouvernement ne peut pas toujours décider d’événements économiques.

Afrik : Qu’est-ce qui va changer alors sur le marché camerounais ?

Benedict Belibi : Le premier effet de la création d’une bourse au Cameroun va être de transformer une épargne à court terme en épargne à long terme. Or aucun projet de développement ne peut se faire sans possibilités d’épargne à long terme. Cela va aussi permettre aux pays d’Afrique centrale d’être plus intégrés au marché mondial, alors que pour l’instant ils sont encore trop marginalisés, économiquement parlant.

Afrik : La bourse de Douala se créé en marge des décisions de la CEMAC, qui a élu Libreville comme siège de sa place boursière. Que pensez-vous de la présence de ces deux bourses en Afrique centrale ?

Benedict Belibi : La décision de la création de la bourse de Douala ne m’appartient pas. C’est l’autorité publique camerounaise, en accord avec ses partenaires internationaux, qui a pris cette initiative. Cela avait été annoncé dès le lendemain de la conférence de N’Djamena par le ministre des Finances. Mais quoiqu’en pense la CEMAC, le Cameroun représente 60 à 65% de l’économie d’Afrique centrale, et les faits économiques sont têtus…

Afrik : Mais pensez-vous que la présence de deux bourses en Afrique centrale soit nécessaire ?

Benedict Belibi : La présence de deux bourses dans une même région d’Afrique n’est pas un cas inédit. Il y a par exemple une bourse en Afrique du Sud et une bourse au Malawi. Et sans cette seconde place boursière, il n’y aurait pas d’investissements au Malawi. Evidemment, l’idéal serait qu’il n’y ait qu’une place boursière en Afrique centrale, à l’endroit le plus économiquement viable. Nous sommes confiants sur les investissements à venir.