La charia n’est pas morte au Nigeria

Alors que la loi islamique a été déclarée anticonstitutionnelle par l’Etat nigérian, un homme, reconnu coupable d’adultère, vient d’être condamné à mort par lapidation. Une première pour le pays.

Pour la première fois au Nigeria, un homme vient d’être condamné à mort par lapidation. Yunusa Rafin Chiyawa a été reconnu coupable d’adultère par la cour islamique de Kano au nord du pays, dans l’Etat de Bauchi. L’homme de 35 ans a comparu devant cette cour de justice après s’être enfui avec la femme de son voisin et avoir vécu deux semaines avec elle.

Cette dernière, Aisha Haruna, âgée de 25 ans, était enceinte de 4 mois au moment des faits. Devant les juges, elle a juré, une main sur le Coran, qu’elle avait été hypnotisée en quittant le village de son mari pour suivre son amant. Elle a été innocentée sur ses dires et est retournée vivre auprès de son mari, qui tient à s’occuper du bébé.

Yunusa, Safiya, même combat

Quant à Yunusa Rafin Chiyawa, il a avoué avoir couché avec la jeune femme, refusant de nier les faits. Il a à présent 30 jours pour faire appel. Selon la loi islamique, pour qu’un homme soit reconnu coupable d’adultère, il faut trouver des témoins de l’acte sexuel alors qu’il suffit pour condamner la femme qu’elle soit enceinte. Le cas de Safiya Hussaini, condamnée à la même peine que Yunusa Rafin Chiyawa en 2001, avait ému l’opinion internationale, son amant ayant été relaxé  » faute de preuves « .

Alors que la charia, la loi islamique, a été déclarée anticonstitutionnelle par le gouvernement de Lagos en mars dernier, elle continue d’être appliquée dans douze états du nord du pays.  » La lutte contre la cruauté d’une telle peine doit se poursuivre. La peine de mort est fondamentalement cruelle et la mort par lapidation constitue une forme de torture interdite par le droit international « , ne manque pas de rappeler Peter Takirambudde, directeur de la Division Afrique de Human Rights Watch. Si la peine de Yunusa Rafin Chiyawa est appliquée, ce sera la première lapidation à mort que connaîtra le Nigeria.

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