La Centrafrique victime d’une aggravation du conflit zaïrois ?

Le délégué local du HCR a fait part de son inquiétude à l’AFP. Très peu d’informations filtrent du pays.

Eusèbe Mounsokou, délégué du Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés pour la République centrafricaine, craint une contagion du conflit affectant la R.D.C. à la Centrafrique. Une dépêche diffusée samedi matin 14 octobre par l’AFP fait état des déclarations du travailleur humanitaire. Selon ce dernier, l’avancée vers le Congo-Brazzaville des troupes du Mouvement de libération du Congo (M.L.C.), rebelles à l’autorité du président zaïrois Kabila, provoque un afflux de réfugiés au Sud de la Centrafrique et risque de déstabiliser le pays.

L’AFP s’est fait confirmer par des  » sources militaires indépendantes  » à Bangui que le M.L.C. entend parvenir à Mbandaka, une ville considérée comme la clé de l’accès à Kinshasa. Cette ville est située le long du fleuve Oubangui. Il y a quelques jours, Delphine Marie, porte-parole du HCR pour l’Afrique, nous confiait qu’au moins cent mille réfugiés congolais se massaient le long de ce fleuve. Malgré leur extrême dénuement, ces personnes ne pouvaient être secourues par le HCR en raison de la grande tension militaire dans la région.

Ambassadeur assassiné

La Centrafrique craindrait que les partisans de l’ancien président André Kolingba ne tentent de recruter des mercenaires parmi les réfugiés congolais. De très nombreuses armes et munitions circulent dans le pays depuis les mutineries de 1996 – 1997 et sont vendues à un faible prix.

Les informations sortant de Centrafrique sont très rares. La population du pays continue d’être soumise à un contrôle étroit, et ses conditions de vie n’auraient connu aucune amélioration. Récemment, des rumeurs ont circulé selon lesquelles le président Ange-Félix Patassé, reconduit en 1999 après la première élection au suffrage universel, s’apprêtait à limoger son Premier ministre. Aucune confirmation n’a suivi. L’unique autre événement récent ayant eu droit de cité dans la presse étrangère au pays concerne l’assassinat, le 30 août dans des conditions mystérieuses, de l’ambassadeur libyen à Bangui.