La Cedeao prend le relais de la France

Les troupes de la Cedeao ont remplacé les forces armées françaises sur la ligne de cessez-le-feu, en Côte d’Ivoire, depuis le 30 mars dernier. Afin de remplir ses nouvelles missions, le contingent déjà sur place va recevoir, comme il l’espérait, l’appui de 2 000 hommes supplémentaires.

 » Le déploiement s’est achevé à la fin du mois. Les forces de la Cedeao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, ndlr) ont pris position sur la ligne de cessez-le-feu depuis la frontière du Ghana jusqu’au fleuve Sassandra « , confirme le Commandant Djido, porte-parole de la mission de la Cedeao en Côte d’Ivoire (Miceci). Jeudi, lors de la 6ème réunion de la Commission de défense et de sécurité de la Cedeao, les chefs d’Etats-majors de l’organisation panafricaine ont estimé avoir besoin de  » 3 205 hommes  » pour bien remplir leur mandat. Seuls 1 300 soldats sont actuellement sur le territoire ivoirien pour assurer la relève des 2 000 soldats français sur la ligne de cessez-le-feu. Lundi soir, le Conseil de médiation et de sécurité de la Cedeao a approuvé à Abidjan le principe d’une augmentation de la force ouest-africaine, pour la faire passer à 3 200 soldats, tout en soulignant la nécessité d’un financement international.

Surveillance franco-africaine

 » Ce remplacement ne constitue pas un changement fondamental pour nous, explique le Colonel Philippe Perret, porte-parole de l’opération Licorne. Nous restons en retrait de la première ligne de cessez-le-feu à environ 30 à 40 km. Ce qui nous permet de faire des patrouilles communes « . Les forces armées françaises se sont même maintenues jusque-là sur une partie de la ligne de cessez-le-feu, à l’extrême ouest, faute d’éléments de la Cedeao. Ce qui ne semble guère poser de difficultés, tant les deux contingents assurent agir de concert.

Le 4 février dernier, les Nations Unies ont adopté la résolution 1464, qui autorise pour six mois renouvelables le déploiement en Côte d’Ivoire de forces militaires françaises et de la Cedeao. Et qui leur assigne de nombreuses missions communes. Les deux tiers du contingent français en Côte d’Ivoire stationnent dans la  » zone de coordination », précise le Colonel Perret. « C’est-à-dire le bandeau dans lequel les forces françaises et ouest africaines se déplacent au nord comme au sud, au contact des troupes gouvernementales et de celles des Forces nouvelles.  »

2 000 soldats en renfort

C’est donc ensemble que les deux contingents devront réaliser le cantonnement et le désarmement des troupes rebelles.  » Une mission qui débutera seulement quand le nouveau gouvernement se sera mis au travail, précise le Commandant Djido. Il nous faudra dans un premier temps sécuriser les frontières, puis réaliser le cantonnement et le désarmement des troupes rebelles.  » Une mission que les 1 300 éléments, fournis par le Sénégal, le Ghana, le Niger, le Bénin et le Togo à la Miceci, poursuivront avec le renfort des 2 000 hommes approuvé par la Cedeao lundi. La Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau et le Mali ont proposé de se joindre aux troupes.