la Campagne africaine : Débaptiser les rues, places ou monuments qui honorent les négriers africains ?

La mémoire de la traite des noirs et de l’esclavage reste le non-dit de l’histoire de l’humanité. Des millions d’Africains, hommes, femmes et enfants périrent de violences, d’épuisement et de maladies pendant les trois cent cinquante ans qu’a duré ce crime contre l’humanité. Une vingtaine de millions furent déportés, déracinés, asservis pour le plus grand profit des colonies d’Amérique.

Première forme de mondialisation du capitalisme, le commerce triangulaire codifié, organisé et théorisé par les puissances occidentales a fait la fortune de nombreuses cités comme Liverpool, Bordeaux, Nantes, Porto, Amsterdam, etc.

Aucune analyse sérieuse de la situation de l’Afrique et des Caraïbes, aucune initiative de développement n’est viable sans prise en compte de l’impact de ce commerce dans les consciences mais aussi dans l’économie et la politique. L’Unesco, par le projet La Route de l’Esclave, a su inscrire certains lieux emblématiques comme Gorée, Ouidah, El Mina, comme patrimoine mondial de l’humanité.

Si la France a su reconnaître la traite des noirs comme un crime contre l’humanité, l’Afrique reste quasiment absente du travail de mémoire sur la traite des noirs, l’esclavage et ses conséquences contemporaines.
Les complicités africaines dans ce commerce sont maintenant établies par bien des historiens africains. Pour autant des chefs africains ayant participé à ce crime contre l’humanité, par la capture, la vente ou la mise en servitude, continuent à être présentés comme des modèles d’héroïsme patriotique.

Qu’il s’agissse de Lat-Dior Diop, El Hadj Omar, Samory Touré et Béhanzin, nous avons là des esclavagistes notoires, même s’il est vrai que la possession des armes à feu constituait un argument de poids pour conserver son pouvoir et par conséquent sa liberté.

DiversCités, Fondation Européenne du Mémorial de la traite des noirs, a lancé à Bordeaux, à l’occasion du 23 aout (Journée Internationale du souvenir de la traite des noirs), la Campagne française« Débaptiser les rues de négriers ? ».

De passage à Dakar, après un séjour au Bénin, Karfa Diallo, Président de la Fondation, lance la Campagne africaine « Débaptiser les rues, places ou monuments qui honorent les négriers africains ? ».

Cette Campagne est l’occasion de militer :

  Pour que le Sénégal déclare la traite des noirs crime contre l’humanité.

  Pour l’instauration d’une Journée Africaine en mémoire de la traite des noirs

Ce travail de mémoire est indispensable pour réaliser l’unité entre l’Afrique et sa diaspora sur cette commune conscience d’un destin qui, s’il fut incontestablement tragique, a ouvert le continent et insuflé au monde un souffle nouveau ayant participé à son développement et son enrichissement dans les domaines économiques et culturels.
Cette diaspora, 6ème région du continent, a besoin de ce travail de reconnaissance de la part de l’Afrique.
Il s’agit d’une démarche pédagogique et citoyenne en vue d’une meilleure appropriation urbaine et d’une meilleure intégration sociale et politique. Mais aussi de tirer les conséquences juridiques et sociales de la qualification de crime contre l’humanité qui a été apposé à ce commerce jadis si florissant.

Une délégation conduite par Karfa Diallo, ira à la rencontre de la presse africaine.

CONFERENCE DE PRESSE

Samedi 10 octobre à 11h au Café de Rome à Dakar

www.diverscites.eu