La bourse nigériane a fini de manger son pain noir

Spectaculaire retournement de tendance sur la bourse nigériane. Après trois ans de vaches maigres, la confiance revient en force sur la place financière nationale. La capitalisation du pays reste toutefois extrêmement basse.

L’indice All Share (ASE) de la bourse nigériane est des plus souriant. Après une traversé du désert de trois ans, il grimpe et atteint presque ses sommets de 1997. Avec une augmentation de 32% en dollars des dividendes, les investisseurs ont de plus en plus confiance dans le marché nigérian. L’embellie ne doit cependant pas faire oublier que la capitalisation du pays reste relativement faible.

En affichant une cotation de 7 500 points, l’ASE côtoie la barre record des 8 809 points de 1997. L’indice, dominé par les filiales des multinationales du pétrole, des biens de consommation et des banques, apporte un nouveau crédit à la place financière du pays le plus peuplé d’Afrique.

Les opérateurs attribuent la bonne santé du marché à la stabilité retrouvée du pays depuis que les militaires ont laissé place, l’année dernière, à un gouvernement civil.

Une faible capitalisation boursière

Si le vent démocratique souffle une fraîche brise sur l’économie du Nigeria, la culture boursière dans le pays est relativement faible. La capitalisation du marché ne représente que 10% du PIB du pays. A titre de comparaison, le ratio atteint 260% en Afrique du Sud.

Force est de constater que les entreprises nigérianes participent peu à l’activité boursière du pays. Un analyste financier de la Banque Africaine de Développement explique la situation par  » la nécessité de transparence que requiert toute introduction en bourse « .

Tout entreprise cotée doit en effet fournir périodiquement des éléments comptables et financiers pour que les investisseurs puissent en évaluer la valeur réelle des titres. Un exigence considérée comme  » une ingérence dans les affaires des entrepreneurs locaux « , analyse notre interlocuteur. Par ailleurs, il rappelle que Nigeria  » part d’un niveau très bas  » et que toute augmentation peut facilement prendre des allures  » de boom économique sans véritablement rendre compte de toute la réalité « .

Le pays semble certes sur les bons rails, mais il faudra attendre quelques temps encore pour voir si la croissance se confirme.