La boisson des hommes libres

Depuis 10 jours, certains cafés de Ménilmontant, à Paris, affichent la couleur : un nom blanc sur rouge, des bulles et une robe sombre. Ça vous rappelle quelque chose ? Un cola américain archi-connu ? Vous y êtes presque. Il s’agit en fait d’Imazighen Cola, un cola berbère qui gagne à être connu. Surfant sur la vague des limonades identitaires, son créateur, le Kabyle Saïd Kejat, souhaite reverser 10% de ses bénéfices à la promotion de la culture berbère.

Saïd Kejat est né il y a 39 ans près de Tizi-Ouzou, en Kabylie. En France depuis 1989, il a fait des études de droit à Paris et après avoir travaillé dans la communication, il a, « comme tout bon Kabyle qui se respecte », tenu un café ! Il vient de mettre sur le marché un nouveau produit : l’Imazighen Cola, le cola berbère. Un autre concurrent au Coca-Cola américain que l’on peut déjà trouver dans les épiceries françaises.

Afrik : Quand avez-vous créé Imazighen Cola ?

Saïd Kejat : Tout a été très vite. J’ai commencé à penser au projet il y a moins d’un an. En septembre dernier, j’ai créé la société Kahina, du nom de la reine berbère. Il y avait de plus en plus de colas communautaires et contestataires, anti-impérialistes comme Mecca-Cola, Breizh-Cola ou Corsica-Cola… Je me suis dit pourquoi pas un cola berbère ? Il n’y avait pas d’alternative pour la communauté berbère, qui n’adhère pas forcément à l’idéologie de Mecca-Cola mais qui souhaite aussi boycotter les produits américains. J’ai donc créé Imazighen Cola avec comme slogan : « La boisson des hommes libres ».

Afrik : Quelle est la recette ?

Saïd Kejat : C’est un secret ! En fait, je l’ai achetée à un laboratoire qui m’en avait proposé plusieurs. J’ai choisi celle qui me paraissait avoir le meilleur goût. Tous ceux qui ont goûté mon cola et l’ont comparé aux autres l’ont trouvé meilleur, c’est encourageant !

Afrik : Où peut-on boire votre breuvage ?

Saïd Kejat : Pour le moment, on peut acheter les bouteilles de 1,5 litre (qui coûtent environ 1,30 euros) dans les épiceries ou certaines boucheries, en région parisienne mais aussi dans d’autres grandes villes de France. Les 20 camions prévus pour le lancement sont déjà pratiquement vides au bout de dix jours ! Mon but est de toucher les cafés et les brasseries, donc je prévoie de lancer très prochainement les cannettes de 33 cl.

Afrik : Vous visez un public communautaire ?

Saïd Kejat : Je souhaite reverser 10% des bénéfices à la promotion de la culture berbère, en soutenant des projets associatifs, artistiques et culturels. Mais cela ne veut pas dire que je ne m’adresse qu’aux Berbères. Mon cola est tout public ! Et début 2004, après la France, j’attaque les marchés marocain et algérien.

Lire aussi :

 La guerre des bulles ne fait que commencer->http://www.afrik.com/article6089.html

 Mecca Cola : l’idéologie des bulles