La Black Achievement Week est née

L'affiche de la Black Achievement Week

Franck Biyong organise la Black Achievement Week lundi et mardi soirs, à Paris. Cette manifestation, directement inspirée du mois de l’histoire noire aux Etats-Unis, entend faire découvrir le passé et la culture des populations d’Afrique et de sa diaspora. Interview de l’initiateur de cette rencontre sonore et visuelle.

Des opéras afros, des lectures de textes, des photographies, des concerts, des films… C’est une partie du programme de la Black Achievement Week, dont la première édition se déroule à Paris les 25 et 26 février. La première soirée aura pour thème « se souvenir » et la seconde « Modernité et Futur ». Franck Biyong et Afrolectric Music Productions sont à l’initiative de cette manifestation, destinée à partager et faire découvrir l’histoire et la culture de l’Afrique et sa diaspora. Une quête qui promènera les spectateurs des Amériques, à l’Afrique, en passant par les Antilles et la France. Franck Biyong, musicien et chef d’orchestre, est un habitué de ce genre de spectacles, lui a qui a déjà organisé quatre événements (1999, 2000, 2001, 2007) concernant l’esclavage. L’artiste camerounais, auteur des opéras afros qui seront joués, livre les secrets de la Black Achievement Week.

Afrik.com : La Black Achievement Week s’inspire-t-elle du Black History Month des Etats-Unis, qui se tient tout février ?
Franck Biyong :
Oui, c’est un hommage aux Etats-Unis et au Black History Month. C’est important de montrer aux afro-descendants qui vivent en France que l’on sait faire autre chose que ce sur quoi on nous attend. Qu’il faut agir au lieu de subir ou d’attendre l’aval des politiques ou des intellectuels.

Afrik.com : La manifestation s’appelle « Black Achievement Week » mais, au lieu de durer une semaine comme on pourrait d’y attendre, elle ne dure que deux jours…
Franck Biyong :
Au départ, il était prévu que la manifestation dure tout le mois, mais nous n’avons aucun financement. C’est l’association qui loue la salle. Par ailleurs, il était déjà difficile de réunir les participants sur deux jours ! Alors sur une semaine ou un mois…

Afrik.com : A la Negro History Week a succédé le Black History Month. Envisagez-vous un jour une telle évolution pour votre Black Achievement Week ?
Franck Biyong :
En France, la date du 10 mai a été arrêtée pour commémorer l’abolition de l’esclavage. Peut-être que plus tard nous ferons un événement sur tout le mois de mai. Mais il faut d’abord que les premières éditions fonctionnent et qu’elles aient un bon accueil du public.

Afrik.com : Pour faire passer le message, les spectacles suscitent beaucoup les sens, notamment la vue et l’ouïe. Pourquoi ce choix ?
Franck Biyong :
Nous utilisons de la musique (pour le son), des photographies (pour l’image) et des textes (pour le verbe). C’est très important car cela permet de toucher des gens différents, de susciter des sentiments différents. Nous pensons qu’il faut utiliser plusieurs moyens pour bien relater la mémoire de l’« Atlantique noire ». Par « Atlantique Noire », je fais référence au fait que, de part son histoire, les Africains et ceux d’ascendance africaine se sont retrouvés en Afrique, en Amérique du Nord, du Sud, aux Antilles… Les gens ont le sentiment que c’est une posture revendicative ou accusatrice, mais ce n’est pas le cas : il s’agit de faits de l’histoire. C’est en étudiant cette histoire que les gens comprendront notamment pourquoi il y a des Noirs en France.

Afrik.com : Quel public espérez-vous attirer ?
Franck Biyong :
Absolument tout le monde est le bienvenu. Tous âges et toutes origines confondus, car il s’agit avant tout d’un spectacle, pas d’une conférence !

Afrik.com : Quel objectif espérez-vous atteindre ?
Franck Biyong :
Montrer que notre culture est plus vaste que ce à quoi on veut la réduire.

La Black Achievement Week se tient les 25 et 26 février

Au Théâtre de l’Espace kiron

Adresse :

10 rue de la Vacquerie

75011 Paris

Tel : 01 44 64 11 50

20 euros la place par soir