La Belgique aurait sous-estimé la dangerosité des frères Abdeslam

La section antiterroriste belge aurait négligé certaines informations concernant les frères Abdeslam, qui ont participé aux attentats ayant frappé Paris, le 18 novembre 2015.

Selon le journal belge L’Echo, la section antiterroriste belge a négligé certaines informations concernant les frères Abdeslam. Ces derniers ont joué un rôle majeur dans les attentats de Paris qui ont fait 130 morts et 350 blessés, le 18 novembre 2015.

En effet, en juillet 2014, une personne proche de Salah et Brahim Abdeslam aurait contacté la police pour l’informer que les deux frères préparaient un attentat. La personne, qui avait assuré que la menace était « imminente », avait dit à la police : « Vous devez faire quelque chose ». Information que la police belge aurait négligée, selon le journal belge L’Echo, qui en a fait la révélation, mardi 1er mars 2016. Cette information relance la polémique sur l’évaluation de la menace terroriste par les autorités belge.

Plus d’un an avant les attentats du 13 novembre 2015, une enquête avait en effet été menée sur les frères Abdeslam. Un rapport de la police locale de Molenbeek fait état de leur radicalisation, d’un projet de départ en Syrie et de liens avec un certain Abdelhamid Abaaoud. Début 2015, Salah est logiquement auditionné. Il confirme bien connaitre celui que l’on soupçonne aujourd’hui d’avoir fomenté les attentats de novembre. Sauf que la police belge n’a pris aucune disposition pour surveiller les frères Abdeslam, alors que l’Office central de l’analyse de la menace avait pourtant ajouté le nom de Salah Abdeslam dans la liste des potentiels djihadistes.

Pour sa part, le parquet fédéral belge a minimisé l’importance des informations, qualifiant d’inexactes les conclusions suggérant qu’on aurait pu éviter les attentats de Paris. Dans un communiqué, le parquet indique que « l’information reçue en juillet 2014 ne faisait aucune référence à un quelconque attentat ou projet d’attentat et ne mentionnait pas le nom Abdeslam. Seule une vague mention non concrète faisait état de deux frères, dont l’un d’entre eux était probablement en train de se radicaliser ».

Le parquet a en outre souligné que la première mention d’un départ possible des frères Abdeslam date de janvier 2015 et qu’elle avait fait l’objet de vérifications à l’issue desquelles aucune infraction liée au terrorisme n’ayant pu être mise en évidence.