
À l’extrême nord-est du Kenya, la situation sécuritaire reste fragile le long de la frontière avec la Somalie. Une nouvelle attaque à l’explosif a visé une patrouille de police dans le comté de Mandera. L’incident, survenu dans un secteur reculé et difficile d’accès, a provoqué la mort de deux agents et fait plusieurs blessés. Ce qui relance les inquiétudes sur la capacité des autorités à contenir les violences transfrontalières et à protéger durablement les forces déployées sur le terrain.
La région de Mandera, dans le nord-est du Kenya, a une nouvelle fois été endeuillée par une attaque à l’engin explosif improvisé visant les forces de sécurité. Ce jeudi, une déflagration survenue à proximité d’un poste de patrouille frontalier a coûté la vie à deux policiers réservistes kényans et blessé grièvement deux de leurs collègues. L’incident s’est produit dans une zone isolée, à quelques encablures de la frontière somalienne, un secteur régulièrement exposé aux violences armées.
Selon les autorités, l’explosion a touché une unité de la Réserve nationale de la police engagée dans une mission de surveillance de routine. Les agents patrouillaient un axe sensible reliant Mandera à la localité somalienne de Bulla Hawa, un corridor souvent utilisé pour les échanges commerciaux informels, mais aussi infiltré par des groupes armés.
Des victimes parmi les forces de sécurité kényanes
Les deux policiers décédés ont été identifiés comme le constable Abdirashid Shabellow Ali et le caporal Mohammed Abdow Issack. Deux autres agents ont été blessés lors de l’attaque. L’un d’eux, atteint par des éclats, a pu recevoir des soins médicaux et son état est jugé stable. Le second, plus sévèrement touché, a été transféré vers l’hôpital de référence de Mandera, où il bénéficie d’une prise en charge spécialisée.
Après l’explosion, les forces de sécurité ont rapidement bouclé la zone afin d’éviter tout risque supplémentaire. Les équipes spécialisées ont découvert et neutralisé un second engin explosif, évitant ainsi un bilan humain encore plus lourd. Même si aucune revendication officielle n’a été enregistrée dans l’immédiat, les responsables de la sécurité kényane pointent du doigt le groupe islamiste shebab, actif en Somalie et régulièrement accusé d’attaques transfrontalières.
Une attaque attribuée aux shebab
Ce mouvement armé cible depuis des années les forces de défense et de police opérant le long de la frontière, considérée comme poreuse et difficile à contrôler. La géographie de Mandera complique en effet la surveillance : vastes étendues semi-arides, végétation clairsemée mais propice aux embuscades, routes peu aménagées et points de passage informels favorisent les mouvements clandestins. Ces contraintes logistiques exposent les patrouilles à des attaques par mines artisanales et bombes en bord de route.
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Situé à plus de 1 000 kilomètres de Nairobi, le comté de Mandera est l’un des plus sensibles du pays sur le plan sécuritaire. Ces dernières années, plusieurs attaques similaires y ont été recensées, visant des convois de police, des escortes administratives ou des postes avancés. Les engins explosifs improvisés restent l’arme privilégiée des assaillants, en raison de leur faible coût et de leur efficacité redoutable.
Protéger les populations locales et préserver la stabilité nationale
Face à cette menace persistante, les autorités kényanes ont renforcé leur présence militaire et policière dans la région. Des patrouilles supplémentaires ont été déployées après l’attaque, tandis que les services de renseignement poursuivent leurs investigations pour identifier les responsables et prévenir de nouvelles violences. Au-delà du Kenya, cette attaque illustre les défis sécuritaires auxquels est confrontée toute la région de la Corne de l’Afrique.
Malgré les opérations militaires menées contre les shebab en Somalie et la coopération entre États voisins, le groupe conserve une capacité de nuisance importante. Pour Nairobi, la sécurisation durable de la frontière reste une priorité stratégique, tant pour protéger les populations locales que pour préserver la stabilité nationale. Les funérailles des policiers tués ont été organisées dans le respect des rites religieux, tandis que la nation rend hommage à des agents tombés en service.




