La Banque mondiale, sésame du développement ivoirien

En annonçant, la semaine dernière, une reprise totale de sa coopération avec la Côte d’Ivoire, la Banque mondiale a ouvert en grand de nouvelles perspectives de développement pour le pays. En ligne de mire des nouveaux prêts désormais possibles : la réduction de la pauvreté et la lutte contre le sida.

La Banque mondiale est de retour auprès de la Côte d’Ivoire pour assister son développement. L’institution financière internationale a décidé de reprendre des décaissements – une enveloppe globale de 200 milliards de FCFA (300,8 millions d’euros) – gelés en octobre 2000 suite à des arriérés de dette impayés. Mais le plus important n’est pas là. Car cette réhabilitation économique permet désormais au pays de briguer de nouveaux prêts pour mettre en oeuvre sa politique de lutte contre la pauvreté et un nouveau programme de lutte contre le sida.

La décision de la Banque mondiale intervient juste après que la Côte d’Ivoire a réglé son ardoise auprès d’elle. Une ardoise de 44,5 millions de dollars (51,5 millions d’euros) qui pesait lourd sur la crédibilité nationale à honorer ses créances. Le dialogue ainsi renoué avec l’un de ses plus importants bailleurs de fonds, le pays peut espérer retrouver le chemin d’une croissance en berne depuis 1999.

Etre éligible aux Pays pauvres très endettés

Les deniers du grand argentier ne sont pas encore arrivés que les autorités ivoiriennes se tournent déjà vers de nouvelles sources de financement. Pour soutenir la croissance économique en luttant contre la pauvreté, consolider les processus de réformes politiques et en assurer une meilleure maîtrise des dépenses publiques, la Côte d’Ivoire entend faire appel au Crédit de relance économique (CRE). Un programme de 150 milliards de FCFA (226,7 millions d’euros). La pandémie du sida occupe également les esprits des dirigeants et la lutte contre ce qu’ils considèrent comme un frein au développement est érigée en une des principales priorités. 30 milliards de FCFA (45,3 millions d’euros) doivent y être consacrés.

Le pays surfe sur la bonne vague. Et les politiques nationales menées jusque là semblent porter leurs fruits. Au budget 2001, estampillé  » budget sécurisé « , succède le  » budget d’assainissement « . Un nom évocateur qui porte toute la volonté affichée de l’Etat de redresser la barre. L’ancien mauvais payeur sort de sa chrysalide. Il espère bientôt redevenir éligible au titre des Pays pauvres très endettés (PPTE) ce qui lui permettrait d’alléger sa dette extérieure. L’Union européenne, qui avait elle aussi coupé les vannes de son aide en 1998 suite à la découverte d’importants détournements de fonds (2,7 milliards d’euros), pourrait bientôt pleinement emboîter le pas de la Banque mondiale.