L’Union africaine prolonge le mandat de Gbagbo


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Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine a décidé, jeudi, de prolonger le mandat du Président ivoirien, Laurent Gbagbo, de 12 mois. Ce dernier arrivait à échéance à la fin de ce mois d’octobre à la faveur d’un scrutin présidentiel censé mettre un terme à la crise ivoirienne, mais qui n’est plus à l’ordre du jour.

Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), composé de 15 membres et conçu sur le modèle du Conseil de sécurité des Nations Unies, a décidé, jeudi, de prolonger d’un an les fonctions de Laurent Gbagbo, l’actuel Président ivoirien. A une condition néanmoins : le Président doit nommer un nouveau Premier Ministre, accepté par toutes les parties impliquées dans le conflit ivoirien et disposant d’une autorité absolue sur son cabinet. Une mesure qui reprend les dispositions des accords de Linas Marcoussis, signés en France en janvier 2003, et d’Accra III (Ghana) de juillet 2004. Le Président ivoirien, dont le mandat arrivait à échéance à la fin de ce mois d’octobre, a d’ailleurs boycotté la rencontre, qui s’est tenue à Addis Abeba, la capitale éthiopienne, et dont la crise ivoirienne était au centre des débats. Il en avait été de même pour celle précédente de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Chef de l’Etat pour 12 mois

De même, le Président nigérian Olusegun Obasanjo, actuel Président de l’UA, et son homologue sud-africain, Thabo Mbeki, le médiateur de l’organisation panafricaine dans la crise ivoirienne, devraient présider prochainement un Forum de dialogue national. Ce dernier doit se tenir très prochainement à Yamoussoukro, la capitale politique ivoirienne, sous les auspices de l’Union africaine et réunir tous les acteurs de la crise, mais aussi la société civile et le secteur privé. Par ailleurs, un Groupe international de travail (GIT), présidé par le ministre nigérian des Affaires étrangères, Oluyemi Adeniji, sera mis en place et se réunira une fois par mois en Côte d’Ivoire. Avec ce dispositif, l’Union africaine vient confirmer les recommandations faites, le 30 septembre dernier, par la Cedeao au CPS et semble être décidée à mettre la Côte d’Ivoire sur les rails de la réconciliation nationale et de la paix.

Un scrutin présidentiel libre et transparent, en remplacement de celui qui avait été prévu pour le 30 octobre prochain, devrait valider ce processus. L’organisation panafricaine compte néanmoins sur le soutien logistique des Nations Unies. S’exprimant, jeudi, sur la situation politique en Côte d’Ivoire, Jacques Chirac, le Chef de l’Etat français, a d’ailleurs appelé au renforcement du rôle de l’ONU. Cependant, l’éventualité de mettre la Côte d’Ivoire sous administration onusienne semble désormais complètement écartée. Une victoire pour le gouvernement ivoirien qui ne souhaitait pas de « transition » et une cuisante déception pour l’opposition ivoirienne et les Forces nouvelles qui, après le 30 octobre, désiraient quant à eux une « transition sans Gbagbo ». La pilule sera certainement difficile à faire avaler aux adversaires politiques du leader du Front Populaire Ivoirien. Mais l’échéance semble, cette fois-ci, plus réaliste pour l’organisation d’élections et la paix vaut bien quelques sacrifices. Et la Côte d’Ivoire les mérite tous.

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