L’UNESCO condamne le meurtre du journaliste congolais Maheshe

Le directeur général de l’organisation des Nations unies pour la science et la culture (UNESCO), Koïchiro Matsuura a condamné mardi le meurtre du journaliste de radio Serge Maheshe, qui a été abattu à Bukavu en République démocratique du Congo (RDC), le 13 juin et a invité les autorités congolaises à s’assurer que ce crime ne reste pas impuni.

« Je condamne le meurtre de Serge Maheshe », a déclaré M. Matsuura cité par un communiqué de l’UNESCO.

« Une voix célèbre de la RDC s’est tue. A Ituri, Goma, Kisangani, Kinshasa et Bukavu, Serge Maheshe a couvert l’information dans cette zone de conflit souvent dans des situations tendues. C’était un journaliste connu pour sa rigueur qui mettait l’information au service de la paix et du respect de l’Etat de droit et qui avait pour objectif de mettre fin à l’instabilité. », a déclaré M. Matsuura.

Le directeur général de l’UNESCO a ajouté: « Il a payé de sa vie son courage et son engagement envers la démocratie. Il est essentiel que les professionnels de la presse, véritables piliers de la démocratie, soient protégés et que les crimes commis contre eux ne restent pas impunis. J’espère que les autorités congolaises mettront tout en oeuvre pour retrouver et punir les responsables de ce meurtre ».

Serge Maheshe, qui était âgé de 31 ans, travaillait depuis 2002 pour Radio Okapi, la radio la plus populaire en RDC.

Ayant une réputation d’intégrité et de professionnalisme, M. Maheshe était une des principales personnalités de la presse de la région de Bukavu.

Radio Okapi est un projet mixte de la Fondation suisse Hirondelle et de la Mission de l’ONU en RD Congo (MONUC).

Serge Maheshe a été tué dans la nuit du 13 juin alors qu’il quittait le domicile d’un ami à Bukavu.

Des inconnus armés de Kalachnikovs l’attendaient près de sa voiture, qui portait le sigle des Nations unies et ont établi son identité avant de l’abattre de sang-froid.

M. Maheshe est le troisième journaliste congolais à être abattu depuis novembre 2005.

Bapuwa Mwamba, du quotidien « Le Phare », a été abattu à son domicile par trois hommes armés en juillet 2006. Tandis que Franck Kangundu, un journaliste de « La Référence Plus », a été abattu avec son épouse en novembre 2005.