L’UMA, cette coquille vide

Il était une République populaire, une République et un Royaume. Auxquels on peut ajouter une République islamique et une Jamahiriya (République). Il était mille fois la mésentente. Il est une guerre -non médiatique- entre le Polisario et le Royaume. Il est une ville qui abrite les forces du Polisario, Tindouf, qui se situe en République populaire. Depuis, le Royaume et la République populaire, les grands frères, ne se parlent pas. Pourtant tout ce beau monde (Algérie, Tunisie, Maroc, Mauritanie et Libye) a créé un grand machin, l’Union du Maghreb arabe (UMA), pour se réunir. Tous les six mois. Ils voulaient parler d’une seule voix, former un bloc, un ensemble régional. Ils voulaient négocier en égaux face à l’Union européenne. Que de grands projets pour leurs habitants !

Depuis, la coquille est remplie d’échos. Vide. Même James Baker, l’Américain chargé du dossier du Polisario, n’y comprend plus rien, face aux humeurs changeantes chérifiennes et algéroises. Les ministres continuent de se voir régulièrement, mais les frontières demeurent fermées. Au nom de la fraternité. Et de la consolidation de l’UMA. C’est bien connu, moins les peuples se voient , plus ils s’ignorent, plus leurs dirigeants ont les mains libres. Pour les enfoncer dans l’ignorance.

Désespéré par ses voisins, Khaddafi s’est tourné vers le Sud. Résultat : naissance de l’Union africaine. Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, tente sans grand succès de redonner à l’Algérie  » sa place dans le concert des Nations « . Mais les temps ont changé. Son pays est en flammes. Et écorché.

Ben Ali, de son côté, continue d’emprisonner la pensée. Et les journalistes. Par un tour de shour (magie) constitutionnel, il se fera élire président à vie. La constitution l’interdit, mais les juristes officiels trouveront une parade, qu’on dira démocratique. En 1986, Bourguiba a bien eu droit à un coup d’Etat médical. Motif officiel : sénilité.

Dans ce sombre tableau, que peut faire l’UMA ? Presque rien. Ou tellement peu. Si les dirigeants continuent de s’ignorer, les peuples les rappelleront pourtant un jour aux réalités. Le réveil pourrait être dur.