
L’Union européenne a adopté une enveloppe de 148 millions d’euros en faveur du Maroc pour 2026. La principale composante, dotée de 112 millions d’euros, porte sur la résilience économique et sociale. Cette décision intervient alors que l’enclave espagnole de Ceuta a été confrontée fin juillet à une arrivée massive de migrants en provenance du Maroc, suivie de nouveaux appels à des franchissements de la frontière.
L’Union européenne va consacrer 112 millions d’euros au soutien à la résilience économique et sociale du Maroc. Cette enveloppe constitue la principale composante d’un financement de 148 millions d’euros adopté par la Commission européenne pour le Royaume au titre de 2026. La décision d’exécution de la Commission, datée du 29 juillet et publiée le 4 août, prévoit trois programmes : l’appui à la résilience économique et sociale, le partenariat numérique entre l’Union européenne et le Maroc et un programme consacré à la jeunesse.
Un financement consacré à l’économie et à l’État social
Sur les 148 millions d’euros prévus, 112 millions sont affectés au premier programme. Les 36 millions restants comprennent 20 millions d’euros pour le programme d’appui au partenariat numérique UE-Maroc et 16 millions d’euros pour le programme « Maroc : jeunesse active et créative ». Les trois volets figurent dans les annexes de la décision de la Commission.
Le programme de 112 millions d’euros porte sur la prospérité économique, la résilience sociale, la modernisation de l’État social et l’amélioration de la gouvernance publique. Il comprend notamment des mesures liées à l’emploi, à la protection sociale, aux services publics et au fonctionnement des institutions. La Commission inscrit également le soutien aux conditions économiques et sociales dans ses objectifs liés aux facteurs qui peuvent favoriser l’émigration.
Une décision adoptée alors que le partenariat est en cours
L’enveloppe n’est pas présentée comme un financement destiné directement au contrôle physique des frontières. Elle relève d’un programme de développement économique et social. La décision de la Commission distingue ainsi ce financement des dispositifs européens spécifiquement consacrés à la gestion des frontières, aux visas ou à la migration. Le budget de l’Union pour 2026 prévoit par ailleurs 2,1 milliards d’euros pour le Fonds « Asile, migration et intégration » et 1,1 milliard pour la gestion des frontières et les visas.
La Commission a publié séparément la décision consacrée au Maroc pour 2026. La page officielle indique une date de publication au 4 août 2026 et identifie la Direction générale pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et le Golfe comme service responsable. Les trois programmes financés sont détaillés dans les annexes correspondantes.
Une arrivée massive à Ceuta fin juillet
Le financement intervient dans le cadre du partenariat entre l’Union européenne et le Maroc. Les mesures de 2026 couvrent à la fois les domaines économique et social, numérique et de la jeunesse. Le programme consacré à la résilience économique et sociale représente à lui seul plus de trois quarts de l’enveloppe globale de 148 millions d’euros.
Cette décision intervient quelques jours après une importante crise migratoire à Ceuta. Le 30 juillet, des dizaines de milliers de personnes ont tenté de rejoindre l’enclave espagnole depuis le Maroc par voie terrestre et maritime. Les estimations espagnoles ont fait état de 50 000 à 60 000 entrées, tandis que le Maroc a reconnu l’arrivée d’environ 40 000 personnes à la frontière de Ceuta et de 1 135 personnes à celle de Melilla.
De nouveaux appels au franchissement de la frontière
Le retour vers le Maroc a ensuite été massif. Selon la police espagnole, environ 73 500 migrants avaient quitté Ceuta pour retourner au Maroc au 2 août, un chiffre qui pouvait également inclure des personnes entrées avant le mouvement du 30 juillet ou ayant effectué plusieurs passages. Le bilan humain a également été lourd : les autorités marocaines avaient alors reconnu onze morts sur leur territoire, dont dix par noyade, tandis que les autorités espagnoles ont fait état par la suite d’un nombre de décès plus élevé.
Après le reflux de la majorité des arrivants, la situation n’est pas revenue complètement à la normale. Le 16 août, plusieurs centaines de migrants présents à Ceuta ont organisé une manifestation sur une plage pour demander l’asile et s’opposer à leur retour au Maroc. Selon Reuters, entre 5 000 et 8 000 migrants se trouvaient encore dans l’enclave après le mouvement massif de fin juillet.
L’UE face aux conséquences de la crise de Ceuta
Les autorités marocaines ont également renforcé leur dispositif à proximité de Ceuta et de Melilla après la diffusion sur les réseaux sociaux d’appels à de nouveaux franchissements massifs. Le 16 août, près de 300 migrants ont été arrêtés par les forces marocaines alors qu’ils tentaient de rejoindre Ceuta, selon la télévision publique marocaine citée par Associated Press. Les personnes arrêtées comprenaient 294 migrants originaires d’Afrique subsaharienne et 61 Marocains présentés comme des facilitateurs.
La crise de Ceuta a également donné lieu à une réunion européenne consacrée à la migration. Le 4 août, les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne ont échangé par visioconférence sur la situation. Le commissaire européen chargé des migrations, Magnus Brunner, a exprimé la solidarité de l’Union avec l’Espagne et appelé à la mise en œuvre du Pacte européen sur la migration et l’asile adopté en 2024.




