L’Ouganda instaure l’enseignement secondaire universel

L’enseignement secondaire universel et gratuit sera effectif à partir de février en Ouganda. Dix ans après la mise en œuvre de l’enseignement primaire universel, la mesure s’imposait pour permettre aux élèves ayant bénéficié de ce système de poursuivre leurs études secondaires.

L’Enseignement Secondaire Universel (ESU) est désormais une réalité en Ouganda. A partir de la rentrée prochaine qui se fera en février, les élèves ayant réussi l’examen de fin de cycle primaire pourront accéder gratuitement au secondaire. Pour le lancement du programme, 350 000 élèves sont concernés. Selon la ministre de l’Education et des Sports, Namirembe Bitamazire, le coût du programme, imputé au budget 2006-2007, est de 30 milliards de shillings (16 millions de dollars). Tous les établissements secondaires sont concernés, sauf ceux dont la scolarité par semestre excède 150 000 shillings ougandais (environ 65 euros). De même que les établissements scolaires situés dans les zones de conflit. Ceux qui relèvent du privé et qui échappent à cette dernière règle feront partie intégrante du programme, s’ils le veulent et le peuvent et à condition que l’Etat n’apporte son soutien à aucun établissement de la région dans laquelle ils se trouvent. Ce sont là quelques uns des critères d’éligibilité des établissements à l’ESU. Chaque école recevra, sur une base semestrielle, une subvention de 7 millions de shillings et une prime de 29 420 shillings par élève.

Une mesure complémentaire

La mesure qui intervient, dix ans après l’entrée en vigueur, de l’Enseignement Primaire Universel (EPU) s’imposait pour offrir l’opportunité à tous de poursuivre des études secondaires. «Il est nécessaire et urgent d’offrir des opportunités d’enseignement à ces élèves au niveau supérieur », note Yusuf Nsubuga, Commissaire de l’Enseignement secondaire, dans un document expliquant le programme. «Le secondaire est un pont entre le primaire et le supérieur». Notamment pour ceux qui ne sont pas orientés vers une filière technique, second choix qui s’offre aux petits ougandais à la fin du primaire. En 1997, l’école était devenue gratuite pour, au maximum, quatre enfants par famille. Aujourd’hui, ce sont 7,9 millions d’élèves qui sont inscrits dans les écoles primaires ougandaises. De 1986, date d’arrivée au pouvoir de Yoweri Musevini qui a fait figuré l’enseignement secondaire universel au nombre de ses dernières promesses électorales, le nombre d’inscriptions est passé de deux millions à plus de 6 millions en 1999. Le taux de transition entre le secondaire et le privé se situe, quant à lui, entre 46 et 50%. Beaucoup de familles, faute de ressources financières, ne parviennent pas à inscrire leurs enfants alors qu’ils réussissent avec brio leur examen de fin de cycle.

L’Ouganda fait partie des rares pays africains où l’accès à l’éducation primaire et, dans quelques semaines, au secondaire sont gratuits. Toutes ces mesures qui ont révolutionné l’enseignement en Ouganda découlent du Livre blanc de l’éducation qui a été adopté en 1992. Son objectif étant d’en démocratiser l’accès. La presse ougandaise, face au succès croissant des écoles privées, s’interrogent pourtant sur la qualité de l’enseignement. Il souffrirait, selon elle, des effectifs pléthoriques dans les classes. Pour les autorités ougandaises, tant qu’une évaluation sur les enfants ayant bénéficié de l’éducation primaire universelle ne sera pas disponible – la première promotion a achevé son cycle en 2004 -, il faudra éviter de faire des conclusions hâtives.