L’opposition sud-africaine veut que Pretoria intervienne au Darfour

Le parti d’opposition sud-africain Alliance démocratique (DA) exhorte le gouvernement de son pays à user de sa position et de son poids diplomatique en Afrique pour empêcher « un bain de sang imminent » dans la région
soudanaise du Darfour.

Le porte-parole de DA, Douglas Gibson, a révélé lundi avoir écrit à la ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Nkosazana Dlamini-Zuma, la conjurant de demander une réunion spéciale d’urgence du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA) pour discuter des voies et moyens de négocier une résolution pacifique de la crise au Darfour.

Cette démarche de l’opposition sud-africaine fait suite aux
informations en provenance du Soudan selon lesquelles le gouvernement de ce pays serait en train de masser des milliers de soldats au Darfour pour écraser les factions rebelles dans cette région.

Le gouvernement soudanais, qui a également rejeté la semaine dernière la décision des Nations unies d’envoyer 17.000 Casques bleus dans la région, demande maintenant à l’Union africaine de retirer son contingent de 7.000 soldats à l’expiration de son mandat à la fin du mois de septembre.

« A moins que le gouvernement du Soudan n’autorise la force onusienne à remplacer la force de l’UA, il n’y aura plus aucun soldat de maintien de la paix dans la région, ce qui laissera des millions de civils à la merci à la fois des forces rebelles et gouvernementales », croit savoir le porte-parole de DA.

Aux yeux de M. Gibson, « il semble que Khartoum voudrait que tous les soldats de maintien de la paix quittent le Darfour afin de pouvoir monter librement une offensive contre les zones où les rebelles opèrent encore ».

La semaine dernière, l’ONU a averti qu’une « catastrophe d’origine humaine à une échelle sans précédent » menace le Darfour si la communauté internationale ne prend pas des mesures urgentes.

« Le gouvernement (sud-africain) doit immédiatement user du respect dont il jouit pour faire pression sur Khartoum afin qu’il accepte la décision de l’ONU d’envoyer des soldats dans cette région. Il doit convaincre l’Union africaine d’intervenir et mettre la pression sur le gouvernement soudanais pour qu’il accepte l’arrivée d’une importante force d’interposition au Darfour avant qu’il ne soit trop
tard », ajoute M. Gibson.

Trois années de combats entre les rebelles et les soldats
gouvernementaux ont coûté la vie à plus de 200.000 personnes et causé le déplacement de deux millions d’autres, créant ainsi une catastrophe humanitaire massive au Soudan.