L’opposition gabonaise met la pression sur la Cour constitutionnelle

Les candidats de l’opposition gabonaise ayant perdu la présidentielle du 30 août dernier ont demandé jeudi, à Libreville, à la Cour constitutionnelle d’annuler le scrutin, invoquant de nombreuses irrégularités. Ils envisagent même de traîner en justice les responsables des bureaux de vote locaux où la fraude a été constatée.

Notre correspondant au Gabon

Les candidats malheureux à la présidentielle 2009 qui s’exprimaient au cours d’une conférence de presse, jeudi, ont cité pêle-mêle le bourrage des urnes, le gonflement des listes électorales dans certaines localités et l’inauthenticité de certains procès-verbaux.

La semaine dernière, une dizaine de ces candidats ont déposé auprès de la plus haute juridiction du pays des recours en annulation des résultats dudit scrutin, invoquant les mêmes raisons. La Cour constitutionnelle dispose de 4 semaines pour vider le contentieux électoral. Ce qui laisse supposer que le président élu du Gabon, au terme de ce contentieux électoral sera connu au plus tard avant la fin de la première moitié du mois d’octobre.

L’opposition a déjà lancé une mise en garde contre les membres de la plus haute juridiction : « Si la Cour constitutionnelle venait à établir autre chose que le droit pour confirmer le coup d’Etat électoral que nous dénonçons, chacun de ses membres devra assumer sa responsabilité devant l’histoire et devant le peuple gabonais (…)’’, a déclaré Jean Eyéghé Ndong, porte-parole du collectif des candidats malheureux, à RFI.

Il reste à espérer que, suite à la décision de la Cour constitutionnelle, d’autres émeutes n’éclateront pas dans le pays, les populations choisissant parfois la rue et le vandalisme comme moyen de contestation.

Rappelons que les émeutes ont éclaté à Libreville et Port-Gentil le 3 septembre dernier, après la proclamation des résultats de cette présidentielle,ont fait plusieurs morts dans la capitale économique du Gabon. Le gouvernement a déclaré qu’il y a eu 3, alors que l’opposition estime à plus de 15 le nombre de victimes des tristes événements.