L’ONU invitée à prendre en main la crise ivoirienne

L’ancien Premier ministre sénégalais Moustapha Niasse a invité jeudi à Paris les Nations Unies à assumer le leadership de la recherche d’une solution négociée à
la crise secouant la Côte d’Ivoire depuis septembre 2002.

« On peut régler la crise ivoirienne en y travaillant de manière approfondie au niveau des Nations Unies. Il faut prendre la crise dans ses dimensions humaine, politique et institutionnelle », a-t- il déclaré au cours d’un entretien accordé à la PANA.

« Si demain le Conseil de sécurité (de l’ONU), après avoir
procédé à une évaluation de la situation en adéquation avec la décision prise récemment par l’Union africaine, adopte une nouvelle résolution qui définit le rôle de chaque protagoniste, nous irons vers une solution de sortie de crise », a affirmé M. Niasse.

Il a estimé qu’il est dans l’intérêt de toute l’Afrique de
l’Ouest que la Côte d’Ivoire retrouve le chemin de la paix,
rappelant que l’économie ivoirienne représente à elle seule 40 pour cent du produit intérieur brut (PIB) de la sous-région.

« Le peuple ivoirien a beaucoup trop souffert de cette crise. L’intégration régionale ouest-africaine aussi a beaucoup trop souffert de ce conflit », a-t-il déploré.

« Il n’existe pas de problème politique sans solution. L’essentiel est d’y croire et de travailler à cette solution sous le leadership des Nations Unies avec l’Union africaine puis la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) en appui », a dit l’ancien Premier ministre sénégalais.

Il a souligné que les efforts de la communauté internationale pour une solution pacifique en Côte d’Ivoire ne porteront que si la classe politique ivoirienne elle-même agit avec « patriotisme et responsabilité ».

« Il faut beaucoup de bonne volonté de la part des acteurs
politiques ivoiriens tant du côté du président Gbagbo, de
l’opposition que du côté de l’ex-rébellion. Ils doivent
travailler à ramener la confiance pour favoriser une solution pacifique », a déclaré M. Niasse.

« L’essentiel est de tout mettre en oeuvre pour éviter qu’il y ait de casse en Côte d’Ivoire le 30 octobre (date initialement prévue pour l’élection présidentielle). On peut éviter le pire en Côte d’Ivoire. On doit l’éviter », a-t-il martelé.

D’autres voix, dont celle du ministre français des Affaires
étrangères, Philippe Douste-Blazy, se sont élevées pour réclamer une plus grande implication des Nations Unies dans le règlement de la crise ivoirienne.