L’ONU condamne le retrait du Mali du G5 Sahel : vers un renforcement de la MINUSMA ?

Casques bleus
Des Casques bleus

L’ONU a condamné, mercredi, la décision du Mali de se retirer du G5 Sahel. A travers son organe exécutif, le Conseil de sécurité, les membres se sont également préoccupés du renforcement de la MINUSMA, qui reste une grosse interrogation.

La réunion du Conseil de sécurité tenue ce mercredi a été l’occasion pour l’ONU de se prononcer sur le retrait du Mali de la coalition du G5 Sahel. Presque tous les membres de l’organe exécutif de l’ONU ont déploré le retrait du Mali du G5 Sahel, ce groupe mis en place depuis 2014 pour assurer la coordination et le suivi de la coopération régionale en matière de politiques de développement et de sécurité. Pour les membres du Conseil de sécurité, le Mali devrait renouer le dialogue avec ses voisins en vue de continuer une lutte concertée contre le terrorisme qui ne saurait être l’affaire d’un seul pays.

Au cours de la même réunion, plusieurs membres du Conseil ont plaidé pour un renforcement de la MINUSMA, en juin, à l’occasion du renouvellement de son mandat. Ceci, alors que, sur le terrain, les Forces armées maliennes (FAMa) ne cessent de compliquer la tâche à la mission onusienne. Aux dernières nouvelles, les Casques bleus auraient été empêchés par l’armée malienne de se rendre dans la ville de Djenné où ils avaient l’intention de se déployer, au début de la semaine, pour assurer la sécurité du marché hebdomadaire. Même si l’information n’a pas été officiellement confirmée par la haute hiérarchie militaire malienne, on sait par ailleurs que depuis plusieurs semaines, la mission onusienne n’a jamais reçu l’autorisation de Bamako pour se rendre dans le village de Moura et mener son enquête sur les soupçons de massacres de centaines de civils qu’aurait perpétrés l’armée malienne aux côtés de ses soutiens russes de la milice Wagner.

À tout ceci, s’ajoute l’existence d’une zone d’interdiction de survol délimitée depuis la mi-janvier, période correspondant à l’arrivée des Russes sur le territoire malien. Au vu de tous ces éléments, il n’est même pas illégitime de s’interroger sur l’éventualité du renouvellement de la MINUSMA d’abord, avant de parler de son renforcement. Cependant, en dépit de toutes ces restrictions auxquelles elle fait face, la probabilité que la MINUSMA soit renouvelée reste tout de même très forte. Sera-t-elle renforcée ? L’ONU voudra-t-elle combler le “vide” que pourraient laisser le départ de Barkhane et celui du G5 Sahel ? Ou au contraire, voudra-t-elle se retirer à son tour ? La décision lui appartient.