L’oignon nigérien veut être certifié

Avec 400 000 tonnes produits par an, l’oignon est la deuxième source d’exportation du Niger. Mais l’absence de certification de sa qualité ferme à se légume l’accès à d’importants marchés, notamment en Europe et aux Etats-Unis.

Saly, Sénégal

La filière oignon du Niger, principale source d’exportation du pays après l’uranium, est confrontée à une difficulté majeure d’absence de normes de qualité. Celles-ci lui permettraient pourtant d’afficher davantage ses marques de référence sur le marché international et de s’inscrire au rang de label mondial, a confié mercredi à la PANA le Secrétaire général de l’Association nationale de la filière-oignon du Niger, Moustapha Kadri Abzin.

Le responsable nigérien, qui prenait part à un séminaire du Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF), débuté depuis mardi à Saly, sur la Petite Côte sénégalaise, à 80 km de Dakar, a indiqué que la recherche des normes internationales de qualité pour la culture d’oignon au Niger constitue actuellement un véritable casse-tête pour les principaux acteurs intervenant dans la filière.

400 000 tonnes de production…

Forte d’un rendement annuel de plus de 400 000 tonnes, la production nigérienne d’oignon traverse pourtant un moment de stagnation ces dernières années, selon M. Kadri Abzin, du fait essentiellement de l’absence d’une certification aux normes et standards de qualité établis au niveau du marché international. « La garantie des normes de qualité permettra tout d’abord de démultiplier la production nationale d’oignon et favorisera l’accès de la culture aux importants marchés de l’Europe et d’Amérique pour de meilleurs résultats commerciaux », a-t-il affirmé.

Précisant que les avantages de la filière oignon au Niger résident encore moins dans ses records de production que dans le monopole obtenu sur le marché international de la variété dénommée « violet de Galmi », M. Abzin, par ailleurs président de l’Observatoire régional de l’oignon pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, a plaidé pour la mise en œuvre d’une démarche rapide en vue de la normalisation requise de l’oigon nigérien.

Il a confié à cet effet, la nécessité de recherches scientifiques, tant au niveau national qu’africain, pour conduire à cette finalité de certification dans la filière et permettre à l’oignon nigérien de dominer le marché mondial, notamment à travers le « violet de Galmi ». « La recherche est notre base fondamentale pour la démarche de normalisation et il faut qu’elle nous accompagne à travers la mise en place des semences, la production elle-même, le stockage, l’emballage, le transit et la commercialisation de la culture d’oigon », a souligné M. Kadri Abzin.

…mais peu d’entrées de devises

« Chaque année, les paysans enregistrent 20 à 40 milliards de FCFA de bénéfice avec la culture d’oignon. La filière a un fort potentiel de croissance pour le pays et favorisera d’importantes entrées de devises si les questions de normalisation sont réglées », a-t-il encore ajouté.

Avant d’exprimer la volonté de son organisation à solliciter l’aide des chercheurs partenaires du CORAF pour cette cause, le Secrétaire général de l’Association de la filière oignon du Niger a annoncé la tenue en janvier prochain à Niamey, d’une table ronde avec des partenaires au développement pour la relance de cette culture.

On rappelle que le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricole regroupe les systèmes nationaux de recherche agricole de 22 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre et constitue l’une des quatre organisations sous-régionales de coopération scientifique agricole de l’Afrique membres du Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA).

En image, le « Violet de Galmi »

Droits photo : Réseau des systèmes d’information des marchés en Afrique de l’Ouest