L’OCI veut développer la solidarité dans le monde musulman et combattre l’islamophobie

Le 11ème sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) a démarré ses travaux jeudi matin à Dakar, la capitale du Sénégal, en présence des délégations officielles des 57 Etats membres. La Malaisie a officiellement cédé la présidence de l’organisation au pays hôte. Au menu des discussions, la lutte contre l’islamophobie, le renforcement de la solidarité économique et politique au sein du monde musulman, le développement de l’influence de l’organisation sur la scène internationale et l’adoption d’une nouvelle charte.

Avec Panapress

Le sommet de deux jours de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) devrait notamment se pencher sur l’observatoire de l’OCI sur l’islamophobie, et sur l’adoption d’une nouvelle Charte de l’organisation, en vigueur depuis 1972, afin de consolider le rôle de l’institution sur la scène internationale et de renforcer ses relations avec la société civile.

Un observatoire contre l’ »islamophobie »

Dès mardi soir, le Secrétaire général de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), Ekmeledine Ihsanoglu, a révélé la mise en place par son organisation d’un observatoire contre l’ »islamophobie », afin de « lutter contre les campagnes de diffamation contre l’Islam à travers le monde ».

Suite à deux jours de réunion avec les ministres des Affaires étrangères des pays membres de la Ummah islamique, le Secrétaire général de l’OCI, a fait face mardi à la presse, à Dakar, tard dans la nuit, pour décliner quelques décisions prises lors de leur rencontre, notamment au sujet de l’observatoire contre l' »islamophobie ». A en croire le Pr Ihsanoglu, « ledit observatoire devra bientôt publier son rapport ».

L’organe devrait permettre à l’OCI de faire échouer toutes les campagnes de diffamation tendant à présenter l’Islam comme une religion de violence, de guerre ou de terrorisme. « Pourtant, lors de la conférence de Doha (Qatar) les 15 et 16 février 2008, des déclarations avaient été faites et adoptées avec les Nations unies et l’Union européenne pour que ces actes d’extrémisme cessent, mais malheureusement, ces engagements n’ont pas été respectés », a indiqué le Pr Ekmeledine Ihsanoglu.

Il a ajouté avoir regretté également les attitudes extrémistes d’intellectuels de certains pays occidentaux. « Nous pensons qu’un esprit de responsabilité doit prévaloir pour que ces campagnes contre l’Islam cessent », a affirmé le Secrétaire général de l’OCI.

La réunion des ministres des Affaires étrangères a par ailleurs décidé d’envoyer une délégation de l’OCI au Darfour et d’apporter une contribution humanitaire et politique à cette province de l’ouest du Soudan en proie à une guerre civile depuis quatre ans.

Des mesures ont été également adoptées pour venir en aide aux pays sous-développés, notamment à travers un Fonds de solidarité islamique mis en place grâce à l’appui de la Banque islamique de développement (BID), d’un montant provisoire de 2,5 milliards de dollars américains.

Appel à contributions au Fonds de solidarité islamique

La solidarité économique au sein de la communauté musulmane est l’un des thèmes majeurs abordés par ce 11ème sommet de l’OCI. Des résolutions devraient être adoptées pour la promouvoir.

Dès le premier jour de la rencontre, le Roi Abdallah Ben Abdoul Aziz d’Arabie saoudite a exhorté les autres pays membres de l’organisation à apporter leurs contributions au Fonds de solidarité islamique, afin d’atteindre le montant de dix milliards de dollars américains fixé.

Dans un message lu en son nom par le prince Saoud Al-Fayçal qui le représente aux travaux du sommet, le roi Abdallah a rappelé que ce fonds, mis en place pour venir en aide aux pays en voie de développement, est un instrument destiné à sortir l’Afrique du sous-développement.

Créé en 2007 en partenariat avec la Banque islamique de développement (BID) le Fonds de solidarité islamique est actuellement financé à hauteur de 2,5 milliards de dollars grâce à des contributions de l’Arabie saoudite et de la BID.

Me Wade reconnaissant envers ses pairs de la Oummah islamique

Le chef de l’Etat sénégalais s’est dit reconnaissant vis-à-vis de ses pairs de la Oummah islamique pour leur soutien à son pays qui organise le 11ème sommet de l’Organisation conférence islamique, qualifiant la rencontre de « sommet de l’Afrique ».

« Ce sommet n’est pas uniquement celui du Sénégal, mais celui des pays musulmans de l’Afrique au sud du Sahara, de l’Afrique entière », a déclaré le président sénégalais à l’ouverture de la rencontre, visiblement satisfait de la présence massive de ses pairs.

Par ailleurs, Me Wade a plaidé pour un examen de la dette des pays africains contractée auprès des pays donateurs de l’OCI, exhortant à une solidarité entre pays membres de la Oummah pour permettre aux uns et aux autres de rattraper leur retard.

« La question fondamentale que l’on doit se poser est pourquoi le monde musulman accuse un retard considérable malgré son potentiel humain et ses immenses richesses économiques », a indiqué le chef de l’Etat sénégalais, avant de proposer « des échanges de savoir pour permettre aux pays les moins avancés de l’OCI de rattraper les autres.

Proposant la création d’une commission pour réfléchir sur les intérêts générés par l’argent du pétrole, Me Wade a expliqué que des prélèvements pouvaient être opérés à hauteur de 2% pour alimenter un fonds de lutte contre la pauvreté.

Les conclusions 11ème sommet de l’OCI devraient présentées vendredi soir, lors de la clôture de l’événement.