L’investiture de Macky Sall sous le signe du Mali

Le Président sénégalais Macky Sall prêtera serment ce lundi à Dakar. De multiples chefs d’Etats africains seront présents à la cérémonie, ainsi qu’Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères. En marge de cet évènement, la Cédéao conduite par Alassane Ouattara, le chef d’Etat ivoirien, a prévu une réunion dans la capitale sénégalaise pour aborder la crise politique qui secoue le Mali depuis plusieurs semaines.

Le nouveau Président sénégalais, Macky Sall va prêter serment ce lundi dans la matinée à Dakar. Une quinzaine de chefs d’Etat seront présents à la cérémonie d’investiture. Parmi eux : les présidents de la côte d’Ivoire Alassane Ouattara, du Congo Denis Sassou Nguesso ou encore du Ghana John Atta-Mills. Alain Juppé, le chef de la diplomatie française et Lionel Jospin, l’ancien Premier ministre socialiste français, seront notamment présents. La Guinée équatoriale et le Nigeria devraient aussi être représentés.

A peine élu, le nouveau dirigeant sénégalais a tenu à faire savoir qu’il engagerait une rupture nette avec l’ancien régime d’Abdoulaye Wade. « Il y a une divergence fondamentale sur l’éthique de gestion, comment nous devons gérer le bien public (…). Ensuite sur le faste, (…) je suis pour une gouvernance plutôt sobre et efficace… on va réduire la voilure mais en renforçant l’efficacité », a-t-il déclaré à RFI.

La Cédéao au chevet du Mali

Son investiture ne sera pas le seul évènement du jour. Au chevet du Mali, les chefs d’Etat de la Communauté économique de l’Afrique de l’ouest (Cédéao) ont prévu de se réunir en marge de la cérémonie pour aborder la crise politique qui menace l’unité du pays. Les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et d’Ançar Dine contrôlent depuis dimanche le Nord du Mali. Les plus grandes villes de la région, Tombouctou, Kidal et Gao sont tombées, laissant dans le désarroi la junte au pouvoir dirigée par la capitaine Amadou Sanogo. Dépassée par les évènements, elle a annoncé le rétablissement de la Constitution et des institutions de la République. Une décision précipitée par la Cédéao qui avait exigé vendredi que l’ordre constitutionnel soit rétabli dans les 72 heures sous peine de fermer les frontières avec le Mali.

2 000 hommes pour renforcer les rangs de l’armée

Toutefois, l’homme fort du Mali n’a toujours pas indiqué s’il quitterait le pouvoir ou non. Le dirigeant burkinabé Blaise Compaoré, désigné comme médiateur, tente de le pousser vers la porte de sortie. Le Mali préoccupe de plus en plus les dirigeants de la Cédéao qui sont tous à la tête d’Etats fragiles. L’objectif est d’éviter à tout prix que le capitaine Sanogo ne donne des idées à d’autres sous-officiers.

La Cédéao qui attend que les putschistes cèdent le pouvoir aux civils, prévoit d’envoyer 2 000 hommes dans le pays pour renforcer les rangs de l’armée qui peine à rivaliser avec les rebelles touaregs dotés d’une artillerie militaire très sophistiquée. Mais il faudra au moins un mois pour organiser l’offensive et rien ne devrait être fait sans l’établissement d’un gouvernement légitime, rapporte RFI.

Entre temps, les rebelles ne semblent pas disposer à déposer les armes, d’autant plus qu’ils sont en position de force. Plusieurs militaires de l’armée malienne ont fui les combats vers Bamako et la situation risque de devenir intenable si les dirigeants de la Cédéao tardent à prendre des décisions.

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