L’Internet en Côte d’Ivoire n’est pas un effet de mode

Pour Lia Bi Douayoua, ministre ivoirien de la Communication et des Nouvelles technologies de l’information, l’Internet a un grand avenir en Côte d’Ivoire. Le nombre croissant d’abonnés et la volonté politique de développer les NTIC sont deux signes très prometteurs.

Lia Bi Douayoua est à la tête du tout jeune ministère de la Communication et des Nouvelles technologies de l’information ivoirien. Trois mois d’existence et déjà une volonté farouche d’engager des réformes de fond pour favoriser le développement et la vulgarisation d’Internet en Côte d’Ivoire. A l’occasion des Journées des Télécommunications, de l’Informatique et de l’Internet, qui prennent fin ce samedi, le ministre dresse un état des lieux de l’Internet ivoirien.

Afrik : Quel est l’état d’Internet en Côte d’Ivoire ?

Lia Bi Douayoua : Le pays compte quatre fournisseurs d’accès et environ 12 000 abonnés. Parmi eux, beaucoup de cybercafés, des PME et PMI mais aussi de plus en plus de cadres supérieurs qui accèdent à des connexions personnelles grâce aux efforts de promotion faits dans ce domaine. Le nombre d’abonnés croît de jour en jour. Il y a un engouement réel pour les nouvelles technologies et je vois un avenir très grand pour l’Internet en Côte d’Ivoire. C’est une conviction personnelle qui est partagée par le gouvernement. Je travaille quotidiennement pour faire en sorte que des réformes institutionnelles soient engagées. Ce n’est pas un effet de mode. Nous devons faire en sorte de développer et de vulgariser l’accès à Internet au plan national. C’est un objectif majeur de notre ministère mais aussi de tout le gouvernement. La création même d’un ministère des Nouvelles technologies, il y a trois mois, montre cette volonté politique.

Afrik : Qu’est-ce que votre ministère a prévu pour promouvoir l’Internet ?

Lia Bi Douayoua : Après trois mois d’existence, nous nous organisons. La Côte d’Ivoire a besoin d’une infrastructure de télécommunications fiable si elle veut vulgariser l’Internet. Depuis la libéralisation du secteur, le téléphone fixe a été privatisé et Côte d’Ivoire Télécom, l’opérateur qui détient le monopole, fournit de gros efforts dans le développement des infrastructures. Comme son monopole prend fin en 2004, le secteur va s’ouvrir.

Nous allons installer des télécentres dans les villages et au niveau du matériel informatique, nous avons un groupe de travail qui réfléchit aux moyens à mettre en oeuvre pour que les prix soient plus intéressants. Il faut en particulier des aménagements fiscaux.

Afrik : Le reste du gouvernement vous appuie-t-il ?

Lia Bi Douayoua : Nous allons prochainement mettre en place un  » plan national de développement des nouvelles technologies « . Pour cela, l’ensemble des ministères sont mobilisés. La volonté présidentielle de connecter toute l’administration ivoirienne doit à présent se traduire dans les faits. Nous devons engager des réformes, prendre des mesures institutionnelles. La présence du président et du Premier ministre à l’inauguration des journées des Télécommunications, de l’Informatique et de l’Internet est pour moi un signe très fort.

Afrik : Pour développer Internet, il faut des informaticiens, y-en-a-t-il suffisamment en Côte d’Ivoire ?

Lia Bi Douayoua : Il est prévu de renforcer nos capacités humaines dans le domaine. Il y a la nécessité de développer la formation d’ingénieurs de haut niveau. Yamoussoukro possède déjà un Institut polytechnique qui forme des ingénieurs et nous avons plusieurs grandes écoles qui font de même.