L’Internet dans les écoles algériennes

L’introduction de l’outil informatique dans les lycées s’est effectuée très lentement en Algérie. Le manque de ressources financières a retardé à maintes reprises l’achèvement de cette opération. La réforme du système éducatif a prévu de généraliser ce type d’outil qui permet de mettre à la disposition des élèves une mine d’informations à travers les connexions Internet.

M.Tachoua Aïssa, sous-directeur des programmes et des moyens didactiques de l’enseignement secondaire général, est convaincu que l’éducation aujourd’hui est loin de se réduire à une série de cours au contenu défini à l’avance et qu’elle représente « un processus dynamique qui évolue rapidement ». Même s’il reconnaît que la priorité a été donnée au livre scolaire comme moyen didactique d’assurer la transmission des connaissances, il n’en demeure pas moins à ses yeux que l’informatique est une nécessité pour préparer les hommes et les femmes d’aujourd’hui aux enjeux et défis de demain.

Les nouvelles technologies dans les établissements éducatifs accentueront le changement des mentalités dans un monde où la mouvance est la règle et la stabilité l’exception. D’après le sous-directeur, l’introduction des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) a commencé durant les années 80. Une manière d’assurer leur intégration dans l’enseignement en Algérie.

Date butoir

Les responsables du secteur ont commencé par faire des expertises pour cerner le besoin et le définir avec exactitude. Ils ont initié 50 % des enseignants et des directeurs d’établissement à la gestion administrative puis pédagogique. Les efforts ont été axés sur l’informatisation des services avant d’étendre l’opération aux classes. Durant la saison 1999/2000, certains établissements ont été connectés à Internet. Mais encore une fois, le manque d’argent a fait grincer la machine.

Les cadres du ministère ont alors voulu passer à la vitesse supérieure et ont décidé de mesures particulières pour encourager les établissements dont les résultats du bac sont jugés satisfaisants. Ils sont cinquante, en plus des meilleurs lycées qui se distinguent dans les quarante-huit wilayas. D’après les chiffres fournis par le ministère, une centaine de lycées sont outillés. Une circulaire émanant de la direction des finances détermine les caractéristiques du matériel à mettre en place avant la date butoir du 31 décembre de cette année.

Chaque établissement a bénéficié d’une enveloppe de 2 millions de dinars pour mener à bien cette opération. Le nombre d’ordinateurs à acquérir a été fixé à 8 et à 4 pour les imprimantes. En plus de cette opération, le ministère équipe de temps à autre les écoles. Selon un sondage, effectué l’année dernière auprès de 40 wilayas, 1017 établissements sur tout le territoire national ont achevé l’opération. Le nombre de PC recensés est de 3328. Il a été constaté que deux établissements pouvaient avoir au moins 7 appareils. Le nombre d’établissements qui ont bénéficié d’ordinateurs est de 804, ce qui représente un taux de 79 % de l’ensemble des établissements.

78% des lycéens intéressés

255 d’entre eux ont « des laboratoires d’informations », soit 25 % des établissements. Internet est opérationnel dans 20 wilayas avec 7 connexions et 18 ingénieurs informatiques. M.Tachoua Aïssa nous précise que le ministère avait commencé depuis quelques années à recruter des ingénieurs pour former les enseignants et s’occuper de la maintenance des ordinateurs, mais cette initiative n’a pas connu le succès escompté suite au gel des postes budgétaires depuis 1995. Le sondage a démontré l’existence de 1051 ordinateurs affectés aux tâches administratives, soit 47 % du parc et 1070 ordinateurs mis à la disposition des lycéens, soit 48 % du parc.

101 appareils sont consacrés pour les expériences assistées par ordinateur dans les matières scientifiques. L’enquête a montré que 78% des lycéens s’intéressent à l’informatique, contre 22 % qui ne voient pas l’utilité de ce support. Dans le cadre du plan de relance économique, les pouvoirs publics comptent injecter un peu plus de finances à ce secteur pour permettre au ministère de continuer ces opérations et dépasser ainsi le stade « des projets poudre aux yeux » et permettre aux lycéens de mieux comprendre la révolution du savoir.

Par Kamel Benelkadi de note partenaie El Watan.